Nous attendions un nouveau Président de la République, un nouveau Premier ministre ; la mise en place d’un nouveau Gouvernement : tout cela est en place désormais. La plupart des figures que nous voyons après les élections des 12 et 15 mars 2026 nous sont familières. Les noms en face de chaque case qui était à cocher nous sont connus. S’ils n’avaient pas été ministres, ils sont fils/filles de ministres ou descendants de hauts-commis de l’Etat connus. Comme si on voulait nous donner à comprendre que la sagesse dans la direction des affaires et la capacité à gérer un pays s’acquéraient aussi par filiation.
Ce n’est pas cela le plus grave dans un pays qui veut se hâter vers son développement. Le programme de gouvernement du président de la République nous prie de ne plus traîner les pieds. De nous débarrasser des pesanteurs qui, hier, nous ont empêché d’aller, vers 2025, au plus concret de l’émergence décrétée. Nous gardons la même ressource pétrolière comme atout majeur de nos projets de société, mais elle s’inscrit aussi idéalement dans l’alignement des astres qui veut que le prix du baril monte plus qu’il ne descend ces derniers jours à la faveur de la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran. Il semble même que nous en profitions un tout petit peu.
Nous gardons tous les tableaux de notre économie : Pib, inflation, taux de croissance, endettement… Nos tableaux ne semblent pas avoir trop changé de couleur depuis 6 mois. Comme si les guerres ne nous faisaient pas trop de mal, nous qui sommes à la fois producteurs et consommateurs de pétrole. De sorte que nous n’avons pas avancé sur la voie du développement que nous voulions. Faire du sur-place a un avantage : nous ne sommes pas assurés de nous précipiter dans le gouffre. Mais il présente aussi le même inconvénient. De sorte que si demain est comme hier, FMI et Banque mondiale devront nous secouer beaucoup pour être le pays du renouveau
Répétons : nous venons de passer la phase délicate des élections. Pas de coups de feu, pas de morts sanguinolentes dont nous avions l’habitude ; pas de protestations véhémentes dans les rues même de la part d’une opposition dont les deux grands partis n’ont pas pris part à la présidentielle et ont accueilli les résultats dans un sage silence. Parti majoritaire, le PCT commande et dirige. Citoyen sage, le Congolais regarde du balcon à quelle heure les nouvelles élites nommées au gouvernement marqueront l’empreinte du changement.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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