Un rapport présenté le 4 septembre 2025 à Brazzaville par le directeur exécutif du Centre d’actions pour le développement (CAD), Trésor Nzila, alerte sur la destruction du Parc national de Conckouati-Douli. Il révèle les menaces sans cesse croissantes, liées à l’exploration pétrolière au sein de cette zone protégée située dans le département du Kouilou.
Le rapport a été réalisé par le CAD et l’organisation internationale américaine Earth Insight. Intitulé «Menaces croissantes liées à l’exploration pétrolière pour le parc national de Conkouati-Douli en république du Congo», il révèle les menaces sans précédent qui pèsent sur ces zones protégées les plus riches en biodiversité de la République du Congo. «Deux blocs pétroliers chevauchent plus de la moitié de la superficie terrestre du parc national de Conkouati-Douli et près de 90 % de ses zones humides mettent en danger des espèces protégées, ainsi que 7.000 habitants vivant dans la zone. On y trouve l’une des dernières forêts tropicales, l’un des derniers écosystèmes côtiers intacts d’Afrique centrale», a indiqué Trésor Nzila. Le cadre juridique fondateur du Parc interdit les activités extractives dans les zones centrales de conservation et impose une zone tampon de 5 km où le développement est restreint. Malgré ces mesures de protection, le Gouvernement a accordé une licence pour le bloc pétrolier de Conkouati à China Oil natural Gas Overseas Holding United en février 2024, puis a approuvé le bloc Nambi en avril 2025. A en croire le CAD, c’est une décision politique extrêmement grave. «Elle viole non seulement les lois nationales en matière de conservation, mais aussi les conventions internationales ratifiées par la république du Congo», a dénoncé Trésor Nzila.
Katie Boston, analyste spatiale sénior chez Earth Insight et co-auteure du rapport, a, quant à elle, affirmé que «à l’heure où les crises climatiques et les atteintes à la biodiversité s’accélèrent, la voie à suivre pour les aires protégées telles que le parc de Conkouati-Douli est claire: aucune extraction de combustibles fossiles ne doit empiéter sur ces zones». «La préservation de ce paysage irremplaçable est essentielle non seulement pour les espèces et les communautés qui en dépendent, mais également pour garantir la stabilité écologique mondiale des futures générations», a—t-elle estimé.
Pour faire face à la menace que fait peser l’exploration pétrolière sur le Parc, le rapport des deux ONG préconise trois mesures urgentes: «Révoquer les permis pétroliers qui empiètent sur le parc national de Conkouati-Douli et ses zones tampons; respecter et appliquer la législation environnementale afin de garantir la transparence que les zones protégées restent exemptées d’activités extractives; et garantir la transparence et le caractère inclusif des processus décisionnels, assorti d’une consultation significative des peuples autochtones, des communautés locales et des organisations de la société civile».
A noter que le parc national Conkouati-Douli a été créé par décret présidentiel en 1999. Il couvre plus de 8.000 km2 de forêt tropicale, de zones humides, de mangroves, de rivières, d’estuaires et des zones marines. Il protège environ 900 gorilles des plaines, 7.000 chimpanzés, 900 éléphants de forêt africains et une population vulnérable de dauphins à bosse de l’Atlantique, qui ne compte qu’environ 300 individus.
Ph. B.







