Le climat tendu entre la Fédération congolaise de football (FECOFOOT) et le ministère des Sports a franchi un nouveau cap. Mercredi 20 août 2025, alors que devait se disputer à Dolisie, au Stade Paul Moukila ‘’Sayal’’, le match aller des barrages pour l’accession en Ligue 1, le ministère des Sports a décidé d’interdire l’utilisation de cette enceinte sportive. Les deux protagonistes, partis de Brazzaville pour le RCB, et de Pointe-Noire pour ASP, ont trouvé les portails du stade hermétiquement fermés.
Cette situation surprend nombre d’observateurs, d’autant que la décision a été prise «sans explication», affirme-t-on. La FECOFOOT a vivement réagi au cours de la réunion de son Comité exécutif convoqué illico presto vendredi 22 août 2025. L’instance nationale a marqué son «étonnement» et son «incompréhension» face au «refus persistant du ministère des Sports de mettre à nouveau à sa disposition les installations sportives pour l’organisation des compétitions nationales», souligne-t-elle.
Pourtant, relève la FECOFOOT, deux conventions, l’une datant de 2014 et l’autre de 2016, l’autorisaient à exploiter les stades Président Alphonse Massamba-Débat de Brazzaville, Municipal de Pointe-Noire et Paul Moukila ‘’Sayal’’ de Dolisie pour une durée de 20 ans. «Ces autorisations s’inscrivaient comme une contrepartie de l’Etat à l’installation par la FIFA des pelouses synthétiques sur ces aires de jeu», a écrit la FECOFOOT dans son communiqué. Pour le Comité exécutif, la note de suspension provisoire de l’autorisation d’occuper les stades prises par le directeur de cabinet du ministre des Sports est frappée de «caducité», au regard, affirme-t-il, «de l’ordonnance de rétractation émanant de la Cour d’Appel de Brazzaville et qui mettait fin à la crise traversée par la FECOFOOT»
Cette nouvelle escalade témoigne des tensions persistantes entre les deux institutions, dont les relations sont marquées par des désaccords persistants sur la gestion du football national. Leurs relations sont loin d’être apaisées.
Reste à savoir si une médiation pourra rétablir un climat de coopération, ou si le bras de fer risque d’impacter encore davantage la stabilité du football congolais. «La résolution de la crise dépend de la capacité des deux parties à collaborer et à respecter leurs prérogatives», estime un observateur. Qui sera prêt à faire des concessions?

Franck SOUAPIBOU

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