Ordonné évêque de Ouesso le samedi 19 juillet 2025 par Mgr Javier Herrera Corona, nonce apostolique au Congo et au Gabon, en présence de l’ensemble des évêques du Congo, Mgr Brice Armand Ibombo a célébrée sa messe des prémices le dimanche 20 juillet, 16è dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique C. La célébration eucharistique a eu pour cadre l’église cathédrale Saint Pierre Claver de Ouesso. Il a prononcé une homélie dans laquelle il a déroulé sa feuille de route. Voici son intégralité:
Excellence Mgr le Nonce Apostolique au Congo et au Gabon,
Excellences nos Pères Archevêques et Évêques,
Distingués invités, chers frères et sœurs,
Bien aimés de Dieu
Après avoir reçu hier la consécration épiscopale et la prise canonique de ma nouvelle charge d’évêque, aujourd’hui commence de façon officielle mon ministère épiscopal dans cette portion du peuple de Dieu, qu’est le diocèse d’Ouesso. Je commence mon ministère dans la joie et la confiance au Seigneur, Lui-même qui m’a choisi sans aucun mérite, me guidera, m’accompagnera et me montrera le chemin à suivre, ce que je vais entreprendre et ce que je dois faire pour le bien de ce diocèse. Je salue chaleureusement et paternellement tout le Peuple de Dieu ici présent, je salue toutes les autorités ecclésiastique, civile, administrative et militaire. Je remercie toutes les délégations venue e partout qui m’expriment, par leur présence, leur considération et affection. Je salue particulièrement les membres de mon diocèse d’Ouesso, en commençant par les prêtres, mes plus proches collaborateurs, les Personnes consacrées et tous les fidèles. Une pensée pieuse envers les missionnaires qui ont travaillé ici à Ouesso et sont désormais dans la maison du Père. Je pense ici à l’âme de l’Abbé Paul Mbon assassiné et dont les conditions de sa mort restent un mystère. Chers prêtres, avec vous, nous avons tous la mission de l’annonce de l’évangile dans ce diocèse et dans tout le territoire de la Sangha: de Souanké à Ngombe, de Sembé à Pokola, de Kabosse à Pikounda et de Mokeko à Ouesso ville. Avec Saint Augustin je peux dire: «si pour vous je suis évêque, avec vous je suis votre frère». D’ailleurs le décret conciliaire Christus Dominus demande aux évêques de traiter les prêtres comme des fils et des amis (n16…).
Chers diocésains de Ouesso et chers tous,
Devise épiscopale: «Qu’il soit un» (Jean 17, 21)
La mission fait partie de la vie de l’Eglise, comme dit le Décret conciliaire sur l’activité missionnaire de L’Eglise»: «par nature, L’Eglise est, durant son pèlerinage sur terre, missionnaire, puisqu’elle tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père» (Ad Gentes, n. 2). Ainsi, la mission de l’Eglise est donc d’évangéliser», Pour le pape Paul VI: «l’Eglise existe pour évangéliser» (evangelii nuntiandi, n…..). Pour ce faire, je voudrais ici remercier mes prédécesseurs qui m’ont balisé le terrain, je remercie les Prêtres, Personnes consacrées, les catéchistes d’hier et d’aujourd’hui qui travaillent dans des conditions difficiles mais sans se décourager, ni abandonner leur mission. Ici je demande à tous les ouvriers apostoliques de ce diocèse de ne pas se lasser, ni de céder au découragement, ni d’être des démissionnaires de l’évangile ou de la pastorale, au contraire, je vous prie de trouver dans le Christ, grand missionnaire, la force et l’énergie nécessaires pour transcender les fatigues et les soucis pastoraux de tous les jours. Avec le Pape Jean Paul Il, je vous dis avec le cœur d’un Père «Duc in altum».
Excellences, distingués invités,
Le ministère épiscopal qui m’a été confié et que j’ai accepté librement, ne se cherche pas, il se donne comme toutes les charges dans la Sainte Eglise, car on ne se donne pas sois même une mission mais on l’a reçoit. Dans ce sens, on ne choisit pas d’être évêque, on ne nait pas Évêque mais on le devient, par élection divine et volonté du Siège Apostolique, selon les critères que Dieu seul connait. Loin de nous, prêtres, la tentation de nous faire du mal ou de vouloir le mal des uns et des autres, parfois par des pratiques païennes fétichistes et donc moins chrétiennes. Par exemple, les lettres anonymes, les tracts et d’autres pratiques machiavéliques qui n’ont pour seul but que de tenir l’image de notre Mère l’Église et de toute la communauté presbytérale ou sacerdotale. Que les confrères (prêtres ou Évêques) et même les fidèles laïcs qui sont tombés dans ce piège ou dans ce péché se ressaisissent au nom de Dieu.
Excellences, distingués invités,
Permettez-moi, ici et maintenant, de vous parler de la mission de l’évêque et de ses fonctions d’après les documents du magistère de l’Eglise. Le Décret conciliaire Christus Dominus sur la charge pastorale des Évêques affirme: «Chaque évêque; à qui a été confié le soin d’une Eglise particulière pait ses brebis au nom, du Seigneur; sous l’autorité du Souverain Pontife; à titre de pasteur propre; ordinaire et immédiat; exerçant à leur égard la charge d’enseigner; de sanctifier et de gouverner», n. 11. Pour le document conciliaire, l’évêque, en grec episcopus, qui veut dire surveillant ou gardien, est le premier pasteur suprême dans son diocèse, ses pouvoirs sont immédiats et ordinaires c’est-à-dire au quotidien, un pouvoir qui lui vient de Dieu et du Siège apostolique, il est donc successeur des Apôtres. L’évêque a pour ce faire trois missions ou fonctions principales: à savoir la fonction d’enseigner (munus docendi), la fonction de sanctifier fmunus santicandi) et la fonction de gouverner (munus regendi) appelé en latin la tria munera c’est-à-dire, les trois fonctions de l’Évêque.
1-Commençant par la première fonction, l’enseignement. Le Saint concile affirme: «dans l’exercice de leur charge d’enseigner, les évêques annoncent aux hommes l’Evangile du Christ», n. 12. Pour le concile Vatican Il, la première mission de l’évêque dans son diocèse est celle d’enseigner, l’évêque est donc un enseignant, un pédagogue; un éducateur au sens grec du mot (la paidea) et je le suis donc en double casquette. L’Évêque doit enseigner, mais enseigner quoi? D’abord la Parole de Dieu. Il est avant tout messager de la Bonne Nouvelle, il doit annoncer l’évangile, mieux la joie de l’évangile pour reprendre le Pape François. Cette mission de l’évêque vient de Jésus-Christ lui-même qui envoyant les Apôtres dans le monde disait: «allez dans le monde entier, annoncer la Bonne nouvelle» (Mt 28, Mc 16). Saint Paul renchérit cette priorité de l’évangile en disant: «Je ne suis pas venu baptiser mais annoncer l’évangile» mission à Ouesso est donc celle d’annoncer la Parole de Dieu, de continuer, avec mes prêtres et les ouvriers apostoliques, l’œuvre missionnaire de mes prédécesseurs, de Mgr Augouard à Mgr Emile Verhille, de Mgr Hervé Itoua que je salue fraternellement et que je remercie pour sa présence à Mgr Yves Marie Monot, jusqu’à Mgr Gélase Armel Kema. Comme dit Saint Paul dans la seconde lecture de ce dimanche: «De cette Eglise, je suis devenu ministre, et la mission que Dieu m’a confiée, c’est de mener à bien pour vous l’annonce de la Parole». D’ailleurs dans l’évangile Jésus sans sous-estimer ou sans ignorer la capacité d’accueil de Marthe, privilégie l’écoute de la Parole en déclarant que «Marie a choisi la meilleure part», celle de l’écoute de la Parole. Pour nous tous, prêtres, religieux ou religieuses, fidèles laïcs, La Parole de Dieu devrait être au cœur de notre vie chrétienne, mieux toute notre vie doit être alimentée et guidée par la Parole de Dieu, le verbum Domini, car c’est de cette parole que nait et grandit en nous la foi: «fides ex auditu», c’est-à-dire, «la foi nait de l’écoute», comme disait les Pères de l’Eglise; c’est de cette écoute que nous pouvons modeler notre vie à l’image de Jésus, pour extirper de nos cœurs la méchanceté, le mal, et la haine.
Ainsi, dans la logique de la continuité, je veux m’inspirer du charisme de chacun de mes prédécesseurs pour que l’évangile atteigne tous les coins de la Sangha. Pour ce faire, j’encourage les prêtres et catéchistes à élargir le champ de la mission, pour que le nombre de paroisses augmente, Ouesso a aujourd’hui neuf paroisses et environ deux quasi paroisses, avec quelques communautés. Ma vision est de faire dans un futur proche que les quasi paroisses deviennent des paroisses et que les communautés actuelles deviennent des quasi-paroisses, et aussi faire qu’il ait une école à côté de chaque mission ou église en suivant ainsi l’exemple des premiers missionnaires, tout cela avec l’aide de Dieu et de son fils Jésus le précurseur de la mission et patron de la vigne. L’école ici retenue comme le lieu par excellence de l’éducation, de la formation et de la transmission des valeurs humaine, morale et chrétienne, «éduquer ou périr», selon les mots de Joseph Ki-Zerbo, le grand historien africain, car si on éduque pas on périt.
Evêque ne doit pas seulement annoncer la Parole de Dieu, il doit aussi et surtout enseigner la doctrine de l’Eglise, la vraie doctrine, loin de toutes les hérésies de toutes les doctrines perverses et erronées. Il doit non seulement enseigner la doctrine mais la défendre avec tous les moyens que l’Église lui donne pour ne se céder le terrain aux hérésies nouvelles ou pour ne pas que les fausses doctrines de notre monde prennent le dessus sur le dogme et la doctrine de l’Eglise. Il à cet effet «évangéliser la culture et les cultures» comme aimait dire le Pape Paul VI. On ne doit pas céder à la tentation du relativisme théologique, doctrinal et moral. Ici j’exhorte les prêtres et tous les fidèles de mon diocèse à demeurer dans l’orthodoxie, à professer fièrement leur foi catholique sans aucun complexe et sans hypocrisie. Ils sont appelés à observer la Parole de Dieu, respecter les commandements. Alors, Chrétiens de Ouesso, soit fier d’être catholique toujours partout. Ne cédez pas le terrain aux marchands d’illusion ou aux professionnels de parole (selon l’expression du cardinal Martini, ancien archevêque de Milan). Avec Pape Léon XIV et à la suite de tous les conciles œcuméniques, nous confirmons et réaffirmons tout l’enseignement de l’Eglise sur la doctrine, sur la morale ou les mœurs. Ici à Ouesso, nous posons évoquer ce slogan: touche pas à mon Eglise (ensemble), touche pas à son diocèse (ensemble), touche pas à ma foi (ensemble), et enfin touche pas à la vie et à la dignité de l’autre, image et créature de Dieu.
2. La deuxième mission de l’Evêque est la sanctification, toujours d’après Christus Dominus, «dans l’exercice de leur charge de sanctification, les évêques se rappelleront qu’ils ont été pris d’entre les hommes et sont établis pour intervenir en faveur des hommes dans leur relation avec Dieu, afin d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés» n. 15. D’après ce décret conciliaire, une autre mission de l’évêque est celle de prier et d’intervenir en faveur de ses fidèles et de son peuple. La sanctification de l’évêque passe par la prière, l’évêque est ainsi un homme de prière, un homme qui prie pour le bien de son peuple et en même temps stimule ses collaborateurs à la vie de prière pour leur sanctification. Ma mission comme Évêque aujourd’hui, en dehors de l’enseignement, est de prier, d’intercéder pour mon peuple, prier pour l’unité, prier pour les malades, pour la paix, pour nos familles, et prier pour notre conversion à nous tous. J’invite les prêtres, personnes consacrées et tous les fidèles de mon diocèse à une vie de prière constante et quotidienne, la prière doit animer et guider toute la vie des chrétiens, comme une plante ou une fleur sans eau meurt, de même l’évêque, le prêtre ou le chrétien qui ne prie pas ou qui ne prie pas assez ignore sa mission première. Développons en nous donc l’esprit de piété, tout sachant que la loi ou le devoir des chrétiens c’est la prière «lex orandi, lex credendi», selon le témoignage éloquent de l’Église primitive ou des premiers chrétiens. Ici je voudrais demander à mes prêtres et personnes consacrées de réciter quotidiennement l’office ou le bréviaire, c’est l’une des recommandations de l’Eglise durant l’ordination des prêtres, mais aussi une forme simple de prier pour le monde en communion avec toute l’Église. Donc pas d’excuses, pas de prétextes de quelque forme soit-il, pour ne pars réciter son bréviaire. Le saint curé d’ars nous enseigne que durant ses voyages, il ne mettait dans son sac que deux choses le bréviaire et l’étole. Que le Saint Curé d’Ars, soit encore et toujours pour les prêtres de mon diocèse un modèle de prêtres et un saint Patron.
En outre, Il nous faut sanctifier, à travers les sacrements précédés par une bonne formation au catéchisme. Pour cela, il faut penser à la bonne formation des chrétiens, à donner à l’Eglise des chrétiens murs et engagés capables de défendre partout sa doctrine. Ici il convient aussi d’éviter de donner des sacrements à la hâte, sans aucune préparation préalable, ou une préparation bâclée à la va vite, peu importe la raison, tout sacrement ou tout accès aux sacrements exige une bonne dose de préparation.
Nous devons aussi sanctifier le peuple au moyen de la liturgie, lei turgia, l’action du peuple. Je voudrais ici demander aux prêtres de soigner davantage les célébrations liturgiques, d’éviter le relativisme liturgique, célébrez la Messe comme nous le recommande la Sainte Eglise, en suivant attentivement les rubriques du missel, en soignant les homélies et en célébrant dignement le Saint sacrifice. Chers prêtres ayez toujours à l’esprit que «l’eucharistie est la source et le sommet de toute la vie de l’Eglise», fons et culmen, nous dit sacrosanctum concilium. D’ailleurs le rite de l’ordination dit aux ordinands: «sois conscient de ce que tu célèbres, Enfin, Pour notre sanctification commune, tous les moyens requis et reconnus par l’Eglise nous sont autorisés, par exemple l’adoration eucharistique, la prière du rosaire ou du chapelet et d’autres dévotions, pourvu de demeurer dans l’orthodoxie».
3. Enfin la troisième fonction la gouvernance ou munus regendi, le Saint Concile affirme: «Dans l’exercice de leur charge de père et de pasteur que les évêques soient au milieu de leur peuple comme ceux qui servent, de bons pasteurs connaissant leurs brebis et», n. 16. Le Saint concile nous dit que la dernière fonction de l’évêque est celle de gouverner, c’est- à-dire de guider, de diriger, d’orienter. L’évêque est un guide, il guide son troupeau vers le bon pâturage, il est le berger du troupeau à lui confié. Cette mission exige responsabilité, engagement et patience, car le pasteur doit se préoccuper de ses brebis, de leur bien-être, leur donner à manger et à boire. Ici sans baratin ni illusion, je vais m’engager au quotidien pour prendre soin des brebis, prendre soin des prêtres et des fidèles de mon diocèse, avec les moyens que la providence mettra à notre disposition. Nous allons tous nous engager: évêques et prêtres, Personnes consacrées et fidèles pour un bon vivre ensemble, à l’image des premiers chrétiens qui mettaient tout en commun (Act 4) Aux prêtres, je demande que chacun ne se préoccupe pas seulement de lui-même (Gn 4 ) mais aussi des autres pour l’intérêt commun, que le bien commun soit une règle d’or dans notre communauté diocésaine.
Aussi pour bien gouverner, il faut de la discipline, de la rigueur et le sens de responsabilité. Comme Église-famille, chacun doit retrouver sa place, son rôle et sa mission. Chacun doit faire son devoir comme il se doit, sans confusion de rôle ni de tache, mais tout dans un climat de paix, de collaboration et d’harmonie. Pour une meilleure vie d’ensemble, j’exige aux prêtres et à tous le respect mutuel, l’entraide et une bonne collaboration. Que l’on se sente vraiment frères, fils d’un même Père spirituel Dieu le Père et d’une mère spirituelle l’Eglise, tous les participants à l’unique mission du Christ sauveur et rédempteur. Je serai heureux qu’on parle partout du bien de mes prêtres chez les chrétiens, que nos fidèles commencent à dire: ces prêtres s’aiment, ils sont unis, ils mangent et boivent ensemble, ils se soutiennent réciproquement, ils sont réellement des bons pasteurs. Tel est mon souhait et ma prière pour notre communauté presbytérale diocésaine. D’ailleurs le psalmiste déclare: «Qu’il est bon et beau pour des frères de vivre ensemble» (Ps 33
Excellences, bien aimés de Dieu, après cet enseignement de l’Eglise sur la mission de l’évêque, je me permets ici d’ajouter ce qui est cher, ce qui constitue comme un vade-mecum de mon ministère épiscopal: l’unité. J’ai choisi comme devise épiscopale, le thème de l’unité, S’inspirant de la parole de de Jésus: «qu’ils soient un». Cette devise est extraite de la prière sacerdotale de Jésus, dans l’évangile de Jean au chapitre 17. En effet, avant de retourner vers le Père, à la fin de sa mission, Jésus prie pour ses disciples, en demandant au Père le don de l’unité dans la communauté apostolique. Pour Jésus, l’unité est nécessaire, voire une condition sine qua non à la future mission des Apôtres, d’elle dépend la réussite et la crédibilité de la mission des Apôtres: «qu’ils soient un pour que le monde croie que tu m’as envoyé» (Jn 17,—-). A l’instar de Jésus le Maitre, le grand Rabbi ou Rabouni, je demande la même chose, la même grâce à mes prêtres, aux ouvriers apostoliques et aux chrétiens de mon diocèse. Je veux l’unité, l’entente, la concorde, la communion fraternelle, le dialogue, bref, la fraternité vraie. Si l’unité est nécessaire dans la vie ordinaire, elle devient une exigence pastorale pour les disciples du Seigneur que nous sommes. Alors, loin de nous toute division et encore plus loin de nous toute tentative à semer la division. Que personne ne fasse la propagande de son ethnie ou de ses origines, que personne ne se présente à un frère ou une sœur au nom de son ethnie, mais au nom de Jésus-Christ, qui fait de nous des frères et sœurs dans la foi. Le Seigneur nous veut unis et ensemble, écoutons la voie de Dieu, suivons son exemple et témoignons aux uns et aux autres la joie d’être frères et sœurs dans nos communautés, dans nos presbytères, dans nos paroisses et dans nos mouvements d’apostolat.
Bien aimés de Dieu, en parlant de l’unité, ce n’est pas une utopie, ni moins un rêve de fou, mai une intention de prière à élever vers le Seigneur garant de l’unité, messager de la paix, et patron de la mission afin qu’il obtienne pour nous le don de l’unité. L’unité n’est pas la conformité, mais l’unité dans la diversité de nos idées, de nos groupes, de nos familles. Accepter l’unité en acceptant aussi les différences et dire, si avec ce frère ou cette sœur nous ne venons pas des mêmes origines, même si nous ne partageons pas les mêmes idées, nous sommes avant tout des frères en Jésus et donc capable de créer l’unité. En parlant de l’unité, le Pape Léon XIV s’adressant aux prêtres de Rome affirme: «Selon une tradition ancienne de l’Eglise, il est habituel de vivre ensemble, aussi bien dans les presbytères que dans les collèges ou dans d’autres résidences. Le Seigneur sait bien que ce n’est qu’unis à Lui et unis entre nous que nous pouvons porter du fruit et donner un témoignage crédible au monde», Pape Léon XIV discours aux prêtres de Rome le 12 juin 2025.
Les textes liturgiques de ce jour, nous viennent en aide dans cet effort de renforcer et de créer l’unité entre nous. La première lecture et l’évangile nous parlent de l’accueil, et le bienfondé de l’accueil ou de l’hospitalité. Abraham en accueillant l’étranger a reçu au retour la bénédiction de Dieu, sa femme Sara, jusque-là stérile, aura un enfant. Dans l’évangile Marthe et Marie accueillent Jésus, s’empressant à lui réserver un accueil chaleureux. Donc nous aussi ne fermons pas nos cœurs aux autres, il faut savoir accueillir et savoir être hospitalier pour bénéficier des faveurs de Dieu. Pour ce faire, je demande aux prêtres et aux communautés religieuses que nos presbytères et nos couvents soient des lieux de joie, d’accueil et d’épanouissement réciproque. Malheur à ces prêtres qui vivant dans la même maison ne se parlent pas ou ne s’adressent pas une parole, ou encore ne mangent pas ensemble. L’unité que nous voulons passe aussi par la capacité de l’accueil des autres confrères ou des autres consœurs. L’unité sera pour nous un témoignage crédible et éloquent devant nos fidèles qui nous observent et nous regardent, attendant de nous un exemple de paix, d’harmonie et de fraternité vraie.
Qu’il est beau d’entendre de la part de nos chrétiens: que nos prêtres s’aiment bien, qu’ils s’entendent, ça sera comme dans l’église primitive ou la koinonia ou la communion fraternelle était au centre de leur style de vie. Les premiers chrétiens, nous dit l’auteur la lettre à Diognete, un auteur anonyme des premiers siècles: (étaient assidus à l’écoute de la parole, à la communion fraternelle et à la fractio panis».
Bien aimés de Dieu, que l’exemple des premiers chrétiens nous édifie pour que nos presbytères, nos communautés religieuses, nos maisons et nos familles soient des lieux d’amour, de paix et d’unité. Que le Seigneur fasse de nous des apôtres et missionnaires de l’unité, des hommes et des femmes qui unissent sans diviser. Au finish, à Ouesso et dans le diocèse de Ouesso, nous voulons l’unité la solidarité entre les prêtres, entre les personnes consacrées et entre les chrétiens pour la bonne marche de notre diocèse et de notre Église locale. Puisse Marie, Mère de l’unité et des chrétiens intercéder pour nous.
Amen







