La moisson de médailles ramenée d’Algérie par la squelettique délégation du Congo aux 1ers Jeux africains scolaires masque l’inquiétante situation du sport congolais. Organisés du 26 juillet au 5 août 2025 en Algérie, les 1ers Jeux africains scolaires ont rassemblé une cinquantaine de pays. Le Congo était représenté par une délégation composée de seulement six athlètes engagés dans quatre disciplines (athlétisme, judo, gymnastique et taekwondo). En dépit des conditions d’entraînement précaires, ces scolaires ont quand même récolté 4 médailles: une en or remportée par Gladise Boukama Ndoulou en saut en longueur ; et trois de bronze glanées par Symphoria Mankala (judo, -52 kg), Divine Mpiaya Massala (judo, -57 kg) et encore Gladise Boukama Ndoulou (athlétisme, 200m). «Ces résultats, flatteurs et mérités, cachent, malheureusement, un énorme handicap, triste réalité de notre sport», affirme un dirigeant sportif. Le Comité national olympique et sportif congolais avait pourtant retenu initialement 13 disciplines et environ 80 athlètes, dans l’espoir de récolter une moisson de médailles plus importante. «Conséquence: des chances de médailles portées par des athlètes recalés se sont sans doute envolées», regrette le même dirigeant.
Ces écoliers appartiennent à des clubs, ligues et fédérations. Faute de financement, leurs associations ont du mal à joindre les deux bouts. Elles sont obligées de se tourner vers le ministère des Sports, «mais les pouvoirs publics ne desserrent pas facilement les cordons de la bourse», se plaint le responsable d’une fédération. Ces jeunes sportifs se sont envolés incognito pour l’Algérie sans financement public ni organisation structurée. «En vérité, les médailles ramenées d’Algérie ne sont nullement le fruit d’une organisation planifiée ni d’une politique sportive cohérente, mais davantage le fruit du talent naturel des sportifs congolais», commente un confrère. «Depuis des années, le sport congolais navigue à vue, avec un soutien limité des pouvoirs publics aux athlètes, entre autres. Cela freine l’émergence des talents et pénalise la performance du pays sur la scène internationale», ajoute-t-il. Bref, le degré de préoccupation qu’accordent les autorités nationales aux disciplines autres que le football est jugé nul. Il va falloir se pencher sérieusement sur la situation du sport au Congo.
Franck SOUAPIBOU

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