Nous devrions désormais marquer une pause à chaque 14 novembre de l’année. Se poser la question du pourquoi, c’est aussi en partie favoriser l’expansion d’un mal aussi silencieux que dangereux. C’est l’ONU qui a voulu que l’humanité vive dans la conscience d’une maladie qui commence à ronger nos sociétés : le Diabète. Méconnu chez nous il y a quelques décennies, la «maladie du sucre» tend à exploser. Dans la pleine conscience ou la légèreté de nos comportements, nous continuons à engloutir les produits sucrés, souvent exagérément sucrés, et à les faire aimer de nos enfants. L’explosion, c’est demain. C’est-à-dire bientôt !
Le Diabète ne se soigne pas. Ses signes annonciateurs sont aussi discrets qu’indolores, au début. Beaucoup de nos parents sont décédés sans même savoir de quoi. Il y a quelques décennies, la maladie, peu connue, suscitait la peur fatale de la mort. Parce qu’il ne semblait pas y avoir d’issue et de parcours de guérison. La maladie suscitait la peur et l’angoisse de l’inconnue. Aujourd’hui, les choses ont changé.
Le Diabète reste toujours une maladie qu’on ne peut soigner, certes, mais en plus d’une décennie les avancées de la médecine ont été telles que sa prise en charge a énormément évolué. Et, d’abord, la connaissance même de la maladie a fait du chemin. Grace à des initiatives comme la Journée mondiale de lutte contre le Diabète, ou Sidaction, la connaissance et la maîtrise de ce mal ont apaisé les esprits et fait grandir l’espoir.
Dans notre pays, l’accès aux centres de soins s’est démocratisé. Chaque Centre de santé intégré (CSI) est capable d’offrir les premiers gestes de maitrise de cette maladie : lecture de sa glycémie, distribution des molécules antidiabétiques, premiers conseils diététiques … Le diabète devient une maladie domptée. On n’en guérit pas, mais on n’en meurt pas forcément non plus !
De nombreux bénévoles tendent la main à ceux qui franchissent les portes des centres appropriés. A Brazzaville, une institution comme la Maison Bleue (derrière la Maison d’arrêt) prodigue soins et conseils chaque mercredi. Son directeur, le Dr Evariste Buenizabila, chef du service des Maladies métaboliques au Chu, déploie son équipe et contribue à dédramatiser la maladie.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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