Ils s’opposent à la parcellisation du patrimoine foncier de Brazzaville offert dans les années 1940 par l’administration coloniale à leur communauté. La descendance de feu Daniel Tsiakaka (un des premiers prophètes de leur Eglise) veut à tout prix le vendre, alors qu’il s’agit, selon l’actuel guide spirituel Borja Miakanguila, «d’un bien indivisible n’appartenant à personne à titre individuel». Et si le Gouvernement faisait appliquer la loi ?
La parcelle en litige, quartier général des Matsouanistes, est située dans l’arrondissement 2 Bacongo, au prolongement de la rue Félix Eboué, à Mpissa. L’affaire a connu un développement «surprenant». Le 16 septembre 2024, le juge a estimé que la communauté matsouaniste n’avait aucun droit sur les terres en procès. Et un huissier a exhibé à cette communauté une ordonnance de mise sous séquestre à la demande des successibles de feu Daniel Tsiakaka.

Le guide spirituel Borja Miakanguila est amer. «Je conteste un droit de succession à nos adversaires ; ils ont un titre foncier douteux datant seulement de 2000. Je soupçonne que les magistrats sont corrompus. Leurs décisions sont biaisées», dénonce-t-il. Il soupçonne aussi les Ngoundza matsouanistes d’être de mèche avec la succession de feu Tsiakaka. «Ils veulent faire disparaître Mpissa, avec la complicité de quelque autorité», affirme-t-il.
Pourtant, l’attestation d’appréciation favorable délivrée par le chef de quartier devrait légitimer, estime Borja Miakanguila, le droit de la communauté matsouaniste. Dans un dernier sursaut, pour obtenir justice, le guide spirituel a fait opposition à l’exécution de l’ordonnance de mise sous séquestre. Et il attire l’attention des autorités, qu’elles règlent leur litige. «Avant qu’on ne s’entretue», craint-il. « Depuis sa création en 1943, la communauté matsouaniste respecte les institutions et les lois du Congo. Je me bats pour le maintien de notre culture. J’invite les autorités à prendre ce problème à bras le corps», explique-t-il.
Pourtant, les textes législatifs et réglementaires existent. Il suffirait de les faire appliquer par des magistrats et des fonctionnaires honnêtes. Est-ce trop demander?
Guy-Saturnin MAHOUNGOU







