Dans l’espace CEMAC, beaucoup sont ceux qui affirment que le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui «joue au fossoyeur des décisions de justice rendues par la Cour de justice de la CEMAC» basée à Ndjamena au Tchad. Ils se réfèrent en effet au contentieux judiciaire qui oppose Daniel Ngassiki, ancien secrétaire général de la BEAC, actuellement ambassadeur du Congo au Cameroun à cette institution spécialisée appartenant aux six pays de la zone.

Dans cette affaire, beaucoup de citoyens de la CEMAC préoccupés par le dossier ne comprennent pas l’attitude on ne peut plus surprenante du gouverneur de la Banque centrale de la communauté. Il s’offre d’après eux, «le luxe de décider impunément pendant plus de deux ans», de ne pas exécuter les arrêts N°001/2023 du 24 mars 2023 et N°014/2023 du 16 novembre 2023, «rendus au nom de la Communauté» par la Haute cour de justice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
La Cour avait condamné la BEAC à payer le montant adéquat et les dommages-intérêts dus à son ancien secrétaire général au titre de l’indemnité de départ à la retraite. Lui qui a offert ses bons et loyaux services à cette institution, pour y avoir travaillé pendant 30 ans. Il s’agit donc, des droits sociaux jugés fondés et confirmés par voie de justice.
Au Cameroun où est basée l’institution, tout comme dans d’autres pays de la Communauté, il n’est pas rare d’entendre l’homme de la rue s’interroger: «Comment un gouverneur de la BEAC peut-il détruire la réputation d’une si noble maison et celle de sa noble fonction par un comportement si indigne intellectuellement, publiquement et institutionnellement»?, «Est-ce normal d’avoir au sommet de la Banque centrale communautaire un gouverneur ignorant que son autorité exécutive ne prime pas, comme il le croit, sur les décisions définitives de justice nanties de l’autorité souveraine et de la force exécutoire de la chose définitivement jugée, et régulièrement notifiée, toutes voies de recours épuisées»?
Ce comportement est perçu comme une faute lourde flagrante de rébellion intolérable devant les autorités et les citoyens de la zone.
Sans doute, le gouverneur de la BEAC a de bonnes raisons d’agir ainsi.

A.G. NGOUMA

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