Le président de l’Assemblée nationale de la RD Congo a démissionné, lundi 22 septembre 2025. Il était visé par une pétition signée par 262 élus. Alors que les députés étaient convoqués en plénière pour voter le texte, il a pris les devants et a annoncé son désistement aux fonctions de président de l’institution. C’est le premier vice-président de la chambre basse, l’honorable Jean-Claude Tshilumbay, qui a fait cette annonce au tout début de la plénière. Il a ensuite donné la parole au président démissionnaire Vital Kamerhe.
Vital Kamerhe a regretté que «ce débat a fait passer au second plan les véritables défis: l’unité nationale, la cohésion, la défense de la souveraineté et le progrès économique. Voilà ce qui aurait dû capter toute notre énergie. Dès demain, nous retrouverons le chemin de l’essentiel». Il a aussi voulu démontrer que les doléances contenues dans la pétition n’étaient pas fondées, selon lui, et qu’elles n’étaient pas régulières. Le président de séance l’a alors interrompu pour expliquer que ce n’était pas le lieu de ce type d’explications. La séance a été ajournée sans que la commission mise en place pour examiner cette pétition ne rende son rapport sur lequel elle avait travaillé plusieurs jours. Peter Kazadi, président de cette commission, a en effet estimé que le compte rendu était obsolète au vu de ces nouveaux éléments. Pour lui, c’est le soulagement à l’issue de la plénière. «La charge était lourde. Vital Kamerhe n’est pas n’importe qui. Le voir entrer en confrontation avec 260 de ses électeurs aurait entraîné des dégâts», estime-t-il.
Dans le camp de Vital Kamerhe, on prend acte de cette démission. Emile Sumaili Miseka a affirmé que cet acte démontre que Vital Kamerhe est un homme d’Etat. «Il a juste attendu le bon moment pour présenter à la face du monde qu’il s’agissait de griefs imaginaires». En homme d’Etat, d’après lui, Vital Kamerhe a dit: «Maintenant, concentrons-nous sur les questions essentielles qui touchent à l’aspect sécuritaire, l’aspect économique et surtout l’aspect social de notre pays».
Cette procédure entachée d’irrégularités est dénoncée par l’opposition: «On ne peut pas participer ou accompagner une mascarade. La décision est déjà prise en haut lieu par l’Union sacrée et le reste n’est que du théâtre parce que l’on a violé toutes les règles du droit pour justement abattre certaines personnes. On a trouvé que c’était inutile. Pour préserver l’honneur des uns et des autres, il était important de démissionner», a indiqué Christian Mwando, chef de file de l’opposition.
Un autre membre du bureau a aussi démissionné. Il s’agit de Dominique Munongo, rapporteuse adjointe et seule membre de l’opposition au bureau de l’Assemblée nationale.
Alain-Patrick MASSAMBA

