Les fondements de l’idée de paix perpétuelle, 216 pages, publié le 11 mai 2023 aux édition L’Harmattan à Paris (France) ; La paix perpétuelle. La raison exclut la guerre comme voie de droit, 306 pages, ouvrage paru le 27 juin dernier aux éditions sus mentionnées, ces deux nouveaux titres du Dr Crépin Gyscard Gandou D’Isseret ont été présentés et dédicacés, vendredi 20 octobre 2023 à l’hôtel de l’ACERAC à Brazzaville. Cet événement de portée littéraire et philosophique dont Ghislain Aristide Ngouma, journaliste à La Semaine Africaine, a assuré la fonction de maître de cérémonie a connu la participation, entre autres, de : Pr Théophile Obenga (le préfacier de ces deux ouvrages), Pr Charles Zacharie Bowao (le modérateur du débat), Prs André Patient Bokiba et Grégoire Léfouoba qui ont fait le décryptage de ces livres. A cela il faut ajouter la présence des universitaires et férus du livre.

Philosophe, juriste, politiste, ecclésiastique… Dr Crépin Gyscard Gandou D’Isseret en publiant ces deux ouvrages philosophiques consacrés à la paix perpétuelle, s’est fondé sur «la nomenclature philosophique d’Emmanuel Kant dont l’architectonique réflexive et critique est des plus complexes, des plus hardies sinon des plus fastidieuses», a indiqué Abbé Dr Christophe W. Maboungou, recteur du grand séminaire de Kinsoundi, dans son mot de bienvenue aux invités.

La couverture de l’autre livre
La couverture de l’autre livre

Pour André Patient Bokiba et Grégoire Léfouoba, les deux livres ne font qu’un. En principe, il aurait été mieux de parler de tome 1 et tome 2. Ainsi, Grégoire Léfouoba dans sa lecture philosophique a noté que le texte du Dr Gandou c’est «un commentaire merveilleux de l’œuvre de Kant sur la question en débat», notamment de la paix perpétuelle…Selon lui, ce qui est intéressant à dire, c’est la façon dont l’auteur entrevoit la notion de guerre. Certes, il existe plusieurs niveaux de mal. Mais, le mal n’est pas diabolique. Puisque même le plus méchant ne renonce pas à la loi morale. Elle s’impose bien plutôt à lui qu’une manière irrésistible en vertu des dispositions morales. Si donc l’homme était un élément diabolique, le mal serait irrémédiable et l’éducation impossible et par conséquent, le progrès et la paix perpétuelle seraient aussi impossibles. Il entrevoit la notion de guerre comme l’expression extérieure du drame humain. Ce qui explique l’insouciante sociabilité attribuée à Kant. Elle se définit par l’inclination de l’homme à se lier et à se délier de l’homme. L’insouciante sociabilité se définit en trois passions: l’ambition, l’inclination à dominer forcément les autres et la cupidité.
Dans le deuxième ouvrage, ‘’Les fondements de l’idée de la paix perpétuelle…’’, Dr Gandou D’Isseret a voulu de manière systématique démontrer que le monde tel qu’il est construit, est le fait du 18e siècle. Il est évident que les gens se posent toujours la question de savoir : «à quoi sert la philosophie ?». Et à travers cet ouvrage, l’auteur démontre que le monde actuel est passionné par les philosophes du 18e et du 19e siècles. Les institutions d’aujourd’hui: la Société des Nations, l’ONU, l’OMC, l’UA, etc. sont inspirées des philosophes de ces deux siècles (Victor Hugo, Jean Jacques Rousseau, Emmanuel Kant, etc.
L’auteur estime que, malgré la tendance quasi-générale des Etats de se regrouper au sein des organisations régionales politiques et même militaires, les conflits entre les Etats restent permanents. La constitution même des Etats au sein de l’Organisation des Nations-Unies ne suffit pas encore à garantir une paix durable à l’échelle mondiale. La dynamique des Etats semble trouver dans la prétention respective de chacun d’exercer la suprématie sur les autres sa logique interne et sa finalité dernière. Cela explique l’état quasi-permanent des conflits dans le monde. Et le préfacier des ouvrages Pr Théophile Mwènè Nzale Obenga a souligné que la paix perpétuelle reste utopique en l’absence d’un gouvernement cosmopolite. Si l’univers n’a qu’un gouvernement, celui-ci ne ferait pas la guerre contre lui-même.
La cérémonie de présentation-dédicace de ces nouveaux livres est à mettre à l’actif du groupe interdisciplinaire de recherche sur l’église et la société au Congo (GIRES). Cette rencontre a marqué le lancement des activités de ce groupe de recherche au titre de l’année académique 2023-2024.

Gaule D’AMBERT

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