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MEDIAS : La radio communautaire Biso na Biso a cessé d’émettre!

MEDIAS : La radio communautaire Biso na Biso a cessé d’émettre!

Triste nouvelle pour les auditeurs de la radio communautaire Biso na Biso, implantée à Pokola, dans le département de la Sangha, et qui émettait en FM, sur un rayon de 100 Km. Un média porté sur les fonts baptismaux en 2008 par la Congolaise industrielle de bois (CIB) et qui donnait la parole aux peuples autochtones et aux Bantous vivant dans les forêts de la Sangha et de la Likouala. Dans une démarche de sensibilisation à la protection des ressources naturelles, d’éducation, de lutte contre l’exploitation des Autochtones et de promotion de langues locales.

La fermeture de cette radio se justifie par le retrait du financement de l’ONG The Forest Trust (TFT), de la Fondation Chirac et de la Banque mondiale.
«Sur les antennes de la Radio Biso na Biso, on ne jouait que les chants traditionnels de toutes les ethnies de sa zone de couverture et la langue française était interdite.
Des Autochtones s’adressaient aux Autochtones, les Bantous aux Bantous, et sur certaines thématiques, la radio s’adressait aux deux cibles.
Au lancement de la radio, nous avions distribué gracieusement des milliers de petits postes récepteurs FM dans les villages et hameaux dispersés dans la forêt.
Des appareils écologiques fonctionnant avec un panneau solaire jumelé avec un dynamomètre de recharge par manivelle», témoigne Privat Tiburce, ancien animateur de ce média et actuel directeur de la Radio MUCODEC. Qui reconnaît y avoir passé l’une des plus belles et enrichissantes périodes de sa vie professionnelle.
«2008-2020….C’est trop court comme durée pour un projet si spécial et atypique. On aurait dû en faire un instrument d’intérêt public, en associant les Conseils départementaux de la Sangha et de la Likouala, certains ministères et partenaires au développement pour un impact plus durable dans les zones où l’on rencontre beaucoup de problèmes de braconnage, de déforestation, de santé et d’éducation», regrette-t-il. Et de s’interroger: «Pourquoi la CIB n’a-t-elle pas cherché d’autres partenaires pour continuer à financer l’activité de cette radio?»

Sévérine EGNIMBA

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