Le 15 juillet 2025, l’opposition politique congolaise a effectué sa rentrée politique à son siège provisoire de l’UPADS, dirigée par Pascal Tsaty-Mabiala, son leader. Les seize partis membres de cette plateforme ont signé un manifeste et ont présenté leur pacte républicain, s’engageant à promouvoir et à renforcer l’unité nationale.

La lecture du manifeste et du pacte républicain a été faite par Bonaventure Boudzika, secrétaire permanent du collège des présidents des partis de l’opposition, qui a souligné le rôle essentiel de l’opposition dans une démocratie pluraliste.
Ces partis se positionnent comme une alternative crédible à la majorité au pouvoir et s’engagent à réaliser l’unité et la cohésion au sein de l’opposition. Ils visent à renforcer la paix et la démocratie, ainsi qu’à promouvoir le respect de la Constitution et des lois de la République.
À travers ce manifeste, ils réaffirment leur volonté à lutter pour une gouvernance électorale fiable et équitable; restaurer l’État de droit en veillant au respect des droits de l’homme et des libertés publiques, et travailler à la création d’un pacte républicain qui serve de nouveau contrat social, orientant le pays vers une démocratie participative et un développement durable.
L’opposition rappelle au Gouvernement l’importance d’organiser des élections de qualité, afin de prévenir les troubles socio-politiques qui, malheureusement, entraînent des divisions et nuisent à l’unité nationale.
Ils soulignent ainsi la nécessité d’améliorer la gouvernance au Congo, notamment par la réécriture de la loi électorale de 2021; la réforme des fichiers électoraux, le recensement biométrique, l’implémentation de cartes biométriques et la mise en place d’un découpage électoral équitable. D’autres mesures incluent le renforcement des moyens de lutte contre la fraude électorale, la révision des montants de cautionnement des élections, et la garantie de l’indépendance totale de la CNEI.
Pour construire une nation congolaise fondée sur le vivre-ensemble, l’opposition s’engage à promouvoir la conscience républicaine et patriotique, tout en proclamant solennellement les valeurs républicaines.
Ils expriment leur détermination à défendre les engagements pris dans ce manifeste, qui reste ouvert à tous les partis de l’opposition sans conflits d’intérêts.
Enfin, dans leur pacte républicain, ils s’engagent à promouvoir l’unité nationale, à lutter contre la discrimination et la marginalisation à établir un État de droit transparent et impartial, à protéger les droits fondamentaux des citoyens, et à garantir les libertés d’expression, d’association, et de circulation. Ils s’opposent à l’impunité, à la corruption et à tous abus de pouvoir, tout en veillant à une gestion transparente des finances publiques.
Pascal Tsaty Mabiala, reconnu par les autorités comme le leader légitime de l’opposition politique congolaise, a déclaré: «Nous restons cohérents dans nos idées et nos actions, visant à atteindre l’unité tant recherchée, bien qu’elle semble échapper à nos efforts».
Concernant l’unité de l’opposition, il a exprimé son étonnement face à ceux qui tentent de le rendre responsable des échecs à fédérer les forces autour d’un projet commun. «Nous avons tendu la main à presque tous les partis se revendiquant de l’opposition parlementaire ou extra-parlementaire. Étant donné qu’il n’y a pas de divergences fondamentales entre nous, j’espérais un dénouement positif. Malheureusement, les idées préconçues, les préjugés, les accusations infondées et les querelles personnelles continuent de constituer des obstacles psychologiques et politiques à surmonter», a-t-il regretté.
Pascal Tsaty Mabiala a affirmé son soutien à l’unité de l’opposition, pourvu qu’elle contribue à la paix, à la cohésion nationale et au développement du pays. Il s’est réservé le droit de décider de la participation de l’opposition à l’élection présidentielle de 2026. «Bien que le règlement intérieur et le manifeste que nous avons signés garantissent l’autonomie de chaque parti au sein de notre coalition, nous serons plus efficaces en adoptant une stratégie commune face aux enjeux de cette élection cruciale».
Le chef de l’opposition a résumé son engagement par le triptyque : responsabilité, dialogue et compromis. «C’est autour de ces valeurs que s’articule notre action au sein de l’opposition, s’éloignant des débats stériles et de la radicalité relayée par les réseaux sociaux qui nous inondent d’informations déformées».
Cette rentrée politique a également permis à Pascal Tsaty Mabiala d’aborder la situation socio-économique du pays. Il a souligné que les indicateurs de l’évaluation de l’État sont préoccupants. «La propagande du pouvoir ne pourra masquer longtemps la réalité. Les faiblesses du Gouvernement résident dans son incapacité à anticiper et son manque de rigueur dans la gestion des finances publiques. Les conséquences en sont la misère indescriptible du peuple, tandis que les gouvernants et leurs proches affichent ostentatoirement leurs fortunes».
Sur le plan des finances publiques, «la situation est encore plus alarmante et ne laisse guère place à l’optimisme. Sans aucun doute, la situation financière du Congo frôle la catastrophe. Le paiement plus ou moins régulier des salaires des fonctionnaires et assimilés n’est que l’arbre qui cache la forêt. L’État vit bien au-dessus de ses moyens, témoignant d’une irresponsabilité manifeste», a déclaré Pascal Tsaty Mabiala.
Il a appelé le Gouvernement à réduire considérablement et rapidement le train de vie de l’État, en alignant les dépenses obligatoires sur le niveau réel des recettes. «Cela justifierait le dépôt au Parlement, actuellement en session, d’un collectif budgétaire, à cinq mois de la clôture de l’exercice budgétaire», a affirmé Pascal Tsaty-Mabiala.
Les seize partis signataires sont: l’UPADS de Pascal Tsaty-Mabiala, l’UDH-Yuki de Joseph Badiabo, l’UDR-Mwinda de Guy Romain Kinfoussia, le MUST de Claudine Munari, le PRL d’Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint-Eudes, le MNLC de Michel Mboussi-Ngouari, le CNR de Frédéric Bintsamou, l’UDLC de Gaspard Kaya Magane, l’URC de Dominique Basseyla, l’UFOVINA de Jean Michel Ebaka, le MR de Destin Gavet, le CDR de Bonaventure Boudzika, le CAR de Clotaire Mboussa Ellah, le CODEMA de Chris Antoine Walembaud, le MIS de Bonaventure Mizidy et le PC2E de Jean Ebina.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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