Le Pool continue de souffrir d’une instabilité chronique, et tant que les groupes armés résiduels ne seront pas désarmés, la démocratie et la liberté d’expression dans le pays resteront menacées. La situation sécuritaire impacte lourdement la vie des populations locales.
Les maisons éventrées, les villages désertés et les regards perdus des hommes, femmes et enfants qui aspirent à la paix témoignent des malheurs du département du Pool, en particulier à Mindouli et Mayama. Les affrontements entre les éléments de la DGSP et les ninjas ont dégénéré, transformant l’opération “zéro Kulunas” en une véritable chasse aux ninjas.
Face à la peur et à l’exil, les populations innocentes se sentent désespérées. Des meurtres se produisent, les villages se vident et les écoles sont abandonnées. Les appels à la retenue, à la responsabilité et à éviter toute provocation se multiplient, afin de prévenir une nouvelle spirale de violence.
Après la commission ad hoc mixte, le sous-préfet de Mindouli qui connaît une certaine accalmie malgré des tentatives de violence, et les représentants des communautés locales ont appelé la population à rester calme et à respecter les lois.
Mayama a également été le théâtre d’affrontements. Les images circulant sur les réseaux sociaux en témoignent. Les forces de l’ordre sont résolues à contrer Ntumi et ses ninjas, malgré les pourparlers pour apaiser la situation.
L’opération “zéro kulunas” se présente comme une réponse à l’insécurité et à la criminalité, qui menacent la cohésion sociale et l’unité nationale. Elle doit cependant respecter la dignité humaine et favoriser le dialogue. La violence n’a jamais été une solution, elle ne fait que détruire et plonger les populations dans une misère insupportable. Une partie des Congolais est lassée de ces guerres incessantes, tandis qu’une autre appelle à l’application de la loi.
Les discours empreints de haine et de vengeance diffusés sur les réseaux sociaux alimentent la tension. Certains observateurs perçoivent cette opération comme un moyen d’éliminer le pasteur Ntumi, une opposition gênante pour le pouvoir.
L’opération “zéro kulunas” pourrait être interprétée comme un prétexte pour atteindre cet objectif. Des hommes, des ressources et des équipements sont mobilisés dans le Pool. Ntumi demeure introuvable, et ses propriétés, ainsi que celles de ses proches, ont été détruites.
Malgré l’apaisement apparent, les risques d’affrontements subsistent et dépendent d’un fil fragile. Les politiques doivent prendre leurs responsabilités et appeler à la retenue, privilégiant l’intérêt supérieur de la nation. La République du Congo s’était engagée à promouvoir le dialogue comme moyen pacifique de résoudre les différends, dans le cadre d’une République réconciliée.
Depuis les événements du 18 décembre 1998, plusieurs accords ont été signés, mais aucun n’a réellement permis d’instaurer une paix durable, que ce soit celui du 16 novembre 1999 à Pointe-Noire, celui du 29 décembre 1999 à Brazzaville, ou les engagements croisés des 16 et 17 mars 2003 ainsi que du 23 décembre 2017 à Kinkala, sans ramener véritablement la paix véritable.
KAUD
