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Processus REDD+ : Assurée la part des riverains

Processus REDD+ : Assurée la part des riverains

Dans un rapport d’évaluation des risques de corruption dans la REDD+, la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH) formule une série de recommandations pour que les communautés locales et autochtones jouissent pleinement des avantages du mécanisme de réduction de la déforestation et de la dégradation des forêts.
Le rapport a été rendu public le 30 novembre à Pointe-Noire lors d’une conférence de presse animée par le secrétaire général de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH), Christian Mounzéo, en présence de Nina Kiyindou, chargée des ressources naturelles au sein de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH).
Le rapport, un document d’une quarantaine de pages, est le résultat d’une enquête de terrain menée dans le cadre du projet «Intégrité dans les initiatives climatiques comme REDD+» mis en œuvre par la RPDH en partenariat avec l’ONG allemande Transparency International (TI), et avec l’appui financier de l’Agence française de développement (AFD).
La Redd+ est un mécanisme international destiné à réduire et/ou à éliminer l’émission des gaz à effet de serre dont le terrible dioxyde de carbone issu de la déforestation et de la dégradation des forêts, afin de limiter les effets des changements climatiques. Ce processus n’est pas sans compensation. Estimés à plus de 7. 500 milliards de Francs Cfa (près de 15 milliards de dollars) par année, les fonds devraient être versés aux États ou aux populations qui préservent leurs forêts ou en créent d’autres.
Une affaire de volonté politique
Le Congo qui a adhéré au processus REDD+ en 2008 a déjà passé les deux premières étapes: la préparation des outils et stratégies (comme la CN-REDD, Commission nationale REDD) et le financement de la stratégie. Il lui reste à présent la phase la plus cruciale: le paiement. Mais celui-ci pourrait être laborieux: violation du consentement libre informé et préalable (CLIP), accaparement des terres, pots-de-vin dans l’attribution des marchés, accès limité aux ressources naturelles pour les autochtones, … En tout cas, pour la RPDH comme pour de nombreuses autres ONG congolaises, il y a à craindre d’autant plus que le récent indice de perception de la corruption de Transparency international place le Congo-Brazzaville à la 46e place sur 54 pays d’Afrique et 171e place sur 186 États dans le monde.
L’heure est donc aux stratégies d’anticipation de la corruption. Aux pouvoirs publics, il est recommandé d’améliorer la gouvernance forestière par l’application stricte des lois.
«Si on ne s’en tenait qu’aux lois, nous avons la meilleure gouvernance forestière, vu les contenus des lois et textes d’application. Mais c’est l’application qui pose souvent problème», a expliqué Nina Kiyindou.
Vu son rôle, la CN-REDD est tenue «d’effectuer un changement radical privilégiant une forte participation des parties prenantes dans tout le processus», souligne le rapport.
Quant aux entreprises privées, elles «doivent s’impliquer davantage dans le processus REDD+ à travers une participation active dans les campagnes de sensibilisation et en stimulant leur motivation sur la base des dialogues axés sur les questions de lutte contre les changements climatiques, les causes véritables de la déforestation et la dégradation des forêts», recommande le rapport. Ce n’est qu’à ce prix que «nous pouvons estimer que la REDD+ sera mise en œuvre au Congo sans corruption. À condition qu’il y ait une véritable volonté politique de réagir en tenant compte de tous les risques que le rapport a énumérés», a soutenu Christian Mounzéo.

John NDINGA-NGOMA

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Editorial

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