L’histoire littéraire congolaise vient de s’enrichir avec une nouvelle publication ‘’Longue vie pour rien’’ d’Octave Mouandza, poète, nouvelliste, directeur départemental des arts et des lettres de Brazzaville. L’œuvre a été présentée et dédicacée, mercredi 24 septembre 2025 à l’Institut français du Congo (IFC) de Brazzaville, à l’occasion de la rencontre littéraire.
Publié aux éditions Muse et composé de 82 pages, ce recueil de nouvelles est une somme de sept nouvelles qui dépeint de manière truculente la vie de petit gens. Selon Prospère Descieux Bassaboukila, le critique littéraire, «il traite des réalités inhérentes à la vie. Il raconte des vies, les scènes de vie des hommes de nos terres profondes. Le titre ‘’Longue vie pour rien’’ est un titre thématique qui peut paraître comme une somme d’investigation personnelle de différents héros multiplier par zéro. Dans ce livre, on parlerait d’une nouvelle de fictio-réalité, dans la mesure où l’ensemble des récits certes fictifs s’inspirent de la réalité. Les différents récits obéissent à une représentation chronologique. L’originalité de ce recueil de nouvelle réside dans les différentes chutes qui ne sont pas des situations finales, mais plutôt une sorte de leçons morales».
L’archétype narralogique de ‘’Longue vie pour rien’’, «se base aussi sur un éventail de thématiques comme la misère, la violence juvénile en milieu scolaire, l’exode rural, les mœurs villageoises, les croyances mystiques, le manque d’emploi, les questions liées à la gestion des naissances. Les récits se déploient dans un univers fictif au toponyme en même temps réel et imaginaire», poursuit le critique littéraire.
Pour l’abbé-écrivain Aubin Banzouzi, préfacier, «le titre du livre n’est attribué à aucune nouvelle éponyme. C’est plutôt une feinte littéraire qui s’explique à la chute de la nouvelle inauguratrice du recueil. ‘’Pont Loudoumi’’, nouvelle mettant en lumière l’absurdité des violences scolaires et juvéniles des cités contemporaines. Quand l’avenir se meurt avant sa pleine réalisation, au grand dam du regard culpabilisant des personnages séniles, l’échec éducationnel d’une société est patent. Sans apporter des réponses, l’écrivain interroge les consciences sur la responsabilité de tous pour bâtir une société meilleure en reconsidérant les valeurs promotrices de la vie et du bien commun».
Ainsi, explique-t-il, «la cuvée du Roi Mazala’’ jusqu’au ‘’Paradis de la 713-Blanche’’ après avoir enjambé les quartiers brazzavillois du ‘’Plateau de 15 ans-Moungali-Combattant’’, qui débouchent sur la ‘’Lucarne de Mbaya’’, le lecteur découvre avec grand plaisir l’ambiance lugubre et mirobolante des fresques créées par une plume émergente d’un poète qui s’essaie avec aisance à la prose narrative en accouchant d’une œuvre fictionnelle riche anthropologiquement et témoin de l’histoire contemporaine».
D’après Octave Mouandza, «ce recueil de nouvelles décrit avec humour et esthétisme atypique, une partie de la société contemporaine».
A.-P.M.







