À quelques jours de la reprise officielle des classes, prévue le 1er octobre, l’effervescence habituelle qui anime les marchés, les ateliers de couture et les boutiques de fournitures scolaires à Brazzaville est presque absente. Cette année, les mamans ne se bousculent pas, les tailleurs ont peu de commandes et les magasins spécialisés restent calmes, laissant un étrange silence régner dans les quartiers.

Certains commerçants spécialisés en fournitures scolaires déplorent un démarrage très faible de la rentrée. «Cette année, les ventes sont extrêmement faibles. On aurait dit qu’il n’y avait pas de rentrée scolaire. J’avais acheté un stock important de fournitures, mais je ne parviens à vendre que pour environ 20 000 FCFA par jour. C’est vraiment difficile, malgré des prix abordables et même des promotions sur certaines marchandises», confie un vendeur.
Du côté des parents, la situation n’est -pas plus réjouissante. Une mère explique: «Les ressources financières sont insuffisantes, et je n’ai pas encore inscrit mes enfants ; nous attendons le versement de notre salaire avant de pouvoir subvenir à leurs besoins scolaires». Une autre ajoute: «Faute de moyens, mes enfants réutiliseront leurs anciennes tenues, et je me contenterai de leur acheter les nouveaux cahiers nécessaires».
Ces témoignages reflètent les défis rencontrés au quotidien par les familles pour préparer la rentrée scolaire. Mais le constat va au-delà des seules difficultés financières: il traduit aussi un certain désenchantement vis-à-vis du système éducatif. Pour de nombreux parents, l’école ne représente plus une promesse de lendemain meilleur. Le découragement et la lassitude sont palpables, certains se demandant «à quoi bon?» alors que les diplômés eux-mêmes peinent à trouver des opportunités.
Cette situation met en lumière les enjeux sociaux et économiques qui entourent la scolarisation dans le pays. Si la rentrée scolaire est traditionnellement un moment de mobilisation et d’espoir, elle reflète cette fois la fatigue et le doute des familles. Pour les autorités éducatives, ce signal doit être pris au sérieux afin de repenser des mesures capables de redonner confiance aux parents et aux élèves, et de rendre l’école plus pertinente dans le quotidien des familles.

Consolée KURANGAMA
& Darchevie KETTE
(Stagiaires)

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