Nous vivons un véritable temps de bascule. Nous ne savons pas ce que demain sera, mais nous pouvons risquer d’avancer que ce que nous vivons aujourd’hui fera le monde de demain. Peut-être tout de travers. Oui, le climat change et demain sera peut-être plus chaud et plus pluvieux, on l’annonce. Mais que sait-on des principes pour la conduite de ce monde ? Comment rendra-t-on l’appétence pour une démocratie, objectif déclaré des joutes électorales, dès lors que cette démocratie devient comme de peu d’intérêt pour ceux qui étaient venus nous l’enseigner ?
Ainsi que nous le constatons avec la dévastation de la Bande de Gaza et l’écrasement affiché des Palestiniens comme peuple, le droit international ne veut plus rien dire. Les «petits» peuples qui ont la faiblesse d’avoir recours au droit international ou qui s’en prévalent, ne seront protégés que si les «grands» peuples acceptent de partager un peu de cette protection pour la renforcer. Autrement un passeport, même diplomatique, n’aura que l’importance que lui accordera le policier à la frontière, pas la valeur universelle d’une protection du droit de voyager.
Des représentants palestiniens se sont vus refuser l’accès au siège de l’ONU et personne n’a protesté au nom de l’immunité garantie aux diplomates. Il n’y aura pas d’Etat palestinien à terme : c’est annoncé, c’est promis. On peut envahir un Etat souverain, lui nier sa souveraineté ou prétendre sa dangerosité aux fins de ne pas lui connaître de raisons de justifier la place qu’il occupe au sein de la communauté internationale. Dire le droit aujourd’hui, ce n’est pas énoncer des règles et des principes, mais choisir la fin à laquelle il faut les invoquer.
Le monde a joué beaucoup de l’émotion née de la reconnaissance massive du droit d’un Etat palestinien à exister. Mais dans le même élan, des véhémences ont affirmé la volonté d’une partie du monde à empêcher l’émergence d’un tel Etat. Signe de la grande confusion du monde, ceux qui aujourd’hui affirment le droit à cette émergence, sont également ceux qui fournissent les moyens techniques et belliqueux pour empêcher, depuis 75 ans, une telle réalité de voir le jour. Dire d’un côté et faire de l’autre, le monde évolue en crabe.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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