VIE ASSOCIATIVE : Des ONG à l’école de la sécurité

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Les participants à la fin de la formation

Comment se prémunir des menaces ou des attaques de toutes sortes? La question a été au cœur d’un atelier organisé du 24 au 25 octobre 2025 à Pointe-Noire par le mouvement «citoyen» Ras-le-bol, en collaboration avec l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH).
Cet atelier, qui s’est déroulé sous la supervision de Maître Bertrand Menier, juriste et coordonnateur du mouvement citoyen «Ras-le-bol», s’inscrit dans la phase 2 du projet «Palabre du citoyen» exécuté par 001 en collaboration avec l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH). Il vise à former une vingtaine d’activistes aux astuces de sécurité. Quelque vingt participants ont été invités à y prendre part.
L’objectif principal était de «Renforcer les capacités de prévention et d’anticipation des risques d’agression physique, mettre en place des stratégies pour mieux assurer la sécurité physique des défenseurs des droits humains et former sur les techniques de plaidoyer par les outils digitaux».
Un objectif en lien étroit avec un contexte congolais sécuritaire peu ou pas du tout reluisant pour les activistes des droits de l’homme. Si la réalité n’est pas aussi alarmante que sous d’autres cieux, les acteurs congolais de la société civile subissent tout de même des harcèlements physiques et moraux, des agressions de toutes dans l’exercice de leurs fonctions.
L’insécurité est également numérique, en raison des cas de verrouillage des communications internet, du vol des données dans des ordinateurs d’ONG de la surveillance faits et gestes de ces animateurs d’OSC. Le cas de Nina Kiyindou continue de susciter l’indignation auprès des observateurs.
Pour avoir dénoncé la manière dont la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) mène la traque contre des bandits appelés «Bébés noirs», la directrice exécutive de l‘OCDH a récemment fait l’objet d’un réquisitoire confinant à la menace dans un texte publié sur les réseaux sociaux par un certain Murphy Mouyoki. «La jeunesse congolaise vous met en garde, madame» , a écrit Murphy Mouyoki se définissant comme «humble serviteur de La République (du Congo, NDLR)».
C’est dire que la menace est bien là. Des menaces qui s’intensifient souvent lors des périodes sensibles comme les élections. Et la présidentielle de mars prochain ne saurait faire exception. Il faut donc des précautions «À l’approche de l’élection présidentielle de mars 2026, la nécessité de renforcer la résilience des activistes et défenseurs des droits humains, face à la montée des restrictions de 1’ espace civique et les risques d’atteintes aux droits fondamentaux devient plus qu’urgent», indiquent les termes de références.
Ainsi, durant les deux jours de la formation, des communications ont été faites sur les astuces et les attitudes que devraient ou doivent adopter les animateurs d’OSC afin de réduire les risques et de mettre à l’abri des menaces aussi bien physiques que numériques.
Une approche approuvée par les participants. «Des communications très pertinentes. C’est à nous de mettre à profit Les enseignements reçus, la formation dans l’accomplissement de nos tâches», s’est félicité Kevin Nzila, membre de l’Association pour le respect du droit des populations autochtone du développement durable et du droit de l’homme (ARPA2 H).
En rappel, cet atelier s’est tenu grâce à un appui financier de Terre solidaire, une ONG française dont l’une des missions est la lutte contre les injustices sous toutes leurs formes.

John NDINGA NGOMA

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