VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : La RPDH solidaire des femmes rurales

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Séance de sensibilisation de la RPDH à l'endroit des femmes du village Bivela

Accès limité aux ressources, exclusion des processus décisionnels, … Pour la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH), ce sont des formes de violences subies par les femmes vivant en campagne. Mais des violences dont on ne parle que très peu et il est temps d’agir pour faire bouger les lignes.

Le plaidoyer de la RPDH est consigné dans une note de position rendue publique le 25 novembre dernier, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes. Pour célébrer cette 26e édition, les Nations unies ont initié une campagne de 16 jours d’activisme placée sur le thème : «Tous unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard des femmes et des filles».

Il a été question, durant ces deux semaines, de tirer la sonnette d’alarme sur les violences dont sont victimes les femmes et les filles du monde à travers les outils numériques tels que le téléphone et l’internet. Un phénomène qui n’épargne pas le Congo. La note de position fait état de quelques cas de violences numériques subies ces cinq dernières années par des filles et femmes Congolaises.

Nina Kiyindou, directrice exécutive de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) et Rosie Pioth, journaliste indépendante, ont récemment été victimes d’insultes, de dénigrement et même d’intimidation. Leurs torts? La première a récemment dénoncé «des violations des droits humains et abus graves observés dans le cadre de l’opération de traque des gangs appelés «Bébés noirs ou kuluna» à Brazzaville, conduite par la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP)».

La deuxième, quant à elle, paie un lourd tribut à «une enquête sur deux attentats à la bombe survenus le 20 mars 1982 au cinéma Star de Brazzaville et le 17 juillet de la même année à l’aéroport international Maya-Maya de la capitale».

Et s’il n’existe pas encore de chiffres exacts, au Congo-Brazzaville, les violences numériques touchent, tout de même, tout le monde y compris des proches du pouvoir de Brazzaville. «Mme Princesse Mouangassa, candidate à la députation du Parti congolais du travail (PCT) dans la circonscription 1 de l’arrondissement 1 Makélékélé de Brazzaville (législatives de 2022, NDLR), avait fait l’objet d’un doxing (publication des données à caractère personnel), dans le but de la stigmatiser», a déploré la RPDH. Ce qui a, «sans doute, laissé des séquelles psychologiques».

S’agissant d’autres violences, notamment les violences domestiques, elles demeurent ancrées dans les mœurs congolaises. Pourtant, au Congo, elle est une forme de violences sexistes dont on parle peu ou pas du tout. Et les femmes des communautés locales et populations autochtones (CLPA) font partie des plus impactées, estime la RPDH.

Les femmes rurales privées de leurs ressources

En effet, si la loi du 8 juillet 2020 portant code forestier en République du Congo et bien d’autres textes recommandent une gouvernance forestière participative, consensuelle et inclusive, les femmes des CLPA, pourtant beaucoup impactées, sont carrément exclues de la gestion de leurs ressources naturelles. «Les femmes autochtones sont rarement impliquées dans les instances de prise de décision, notamment les comités de gestion ou les cadres de concertation ou de négociations avec les sociétés forestières», indique la note de position de la RPDH.

Pour la RPDH, ces formes de violences subies par les femmes rurales procèdent non seulement des us et coutumes bantous essentiellement phallocratiques, mais également à cause de l’impunité alimentée en grande partie par la corruption et le trafic d’influence.

Sous l’impulsion de son coordonnateur Christian Mounzéo, la RPDH exécute ces derniers temps de multiples projets portant sur le monitoring de la gouvernance climatique au Congo. Parmi ces projets, le RERIP ou «Renforcer la redevabilité et l’inclusion grâce à une meilleure implication et participation des communautés locales et populations autochtones (CLPA) du Kouilou dans la gouvernance forestière et climatique (RERIP)», financé par le CCFD-Terre Solidaire.

«L’action de la RPDH dans les communautés forestières du Congo met en lumière plusieurs défis spécifiques rencontrés par les femmes autochtones dans la gouvernance forestière et climatique et la gestion durable des ressources naturelles».

John NDINGA NGOMA

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