Le Bénin aussi !

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Nous le disions très stable. Le Bénin a donné en fin de semaine dernière les signes d’une fièvre artificielle qui ne gagne que le Continent africain ! On a parlé de coup d’Etat avorté. Pour tout le monde, y compris les fameux experts qui, après coup, nous amènent constater les indices de la trépidation (qu’ils se gardaient bien de montrer auparavant !), c’était l’occasion de montrer « les évidences cachées ». De lire dans les mars de café et de se frapper la poitrine en disant : « Voyez ! l’Afrique est toute pareille».
Pour d’autres, au contraire, la surprise restera totale : quelle mouche a donc piqué ces écervelés de militaires qui ont annoncé, l’espace de quelques heures, avoir mis fin au pouvoir démocratiquement élu du président Patrice Talon ! Heureusement, il n’en était rien. Mais un petit malaise continue de planer dans un pays voisin de quatre autres, qui ont changé de régime par les armes. Ainsi qu’on a vu sur les réseaux sociaux, ils ne se sont pas privés de dire : «Bienvenus au club» ! Au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et au Mali, le ouf qui s’est entendu à la fin du coup d’Etat n’est certainement pas de soulagement.
Tout est-il que le processus démocratique implanté au Bénin depuis le régime de Mathieu Kérékou comme modèle d’alternance sera encore pour longtemps le modèle à suivre sur la voie de la recherche démocratique africaine.
Notre continent, qui a enregistré dix coups d’Etat et tentatives de putsch depuis les années 2000, peine à convaincre de son adhésion résolue à la voie du choix libre par ses peuples du régime qu’ils entendent emprunter. Dans tel pays, c’est la tenue des élections qui est remise en cause ou retardée infiniment. Dans tel autre, c’est le processus électoral ou la Constitution. Dans tel autre encore on remet en cause les résultats obtenus après moultes joutes : aucun pays du Continent ne se présente comme le champion africain indiscuté de l’alternance politique. Le Cap Vert, Maurice, les Seychelles ? peut-être. Mais la grande majorité de nos Nations donne à voir notre doute à nous affirmer en profondeur ou enthousiaste, au-delà du cosmétique. Au point que lorsque nos dirigeants parlent de démocratie, les peuples entendent une chose, les institutions internationales une autre, avec une large frange d’opportunistes au milieu qui appellera comme on voudra la prédominance ethnique de l’heure.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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