Vouloir réfléchir sur l’avènement de l’indépendance du Congo est un fait purement historique. En effet, l’accession du Congo à l’indépendance le 15 août 1960, n’a jamais été un événement fortuit. De nombreux facteurs lointains et immédiats avaient été à l’origine de cet événement, parmi lesquels

– La conférence de Brazzaville du 30 janvier au 8 février 1944 ;

– L’action politique des pères indépendantistes;

– La loi cadre ou la loi Gaston Defferre de 1956;

– Le 28 novembre 1958: la proclamation de la République du Congo sous la communauté française;

– Les accords de Matignon du 14 juillet 1960;

– La proclamation de l’indépendance de la République du Congo le 15 août 1960.

– La proclamation de l’indépendance de la République du Congo avait donné lieu à une série d’événements pré-indépendance, notamment :

– La Conférence de Brazzaville du 30 janvier au 8 février 1944 au cours de laquelle le Général Charles De Gaulle ouvrit la voie à l’émancipation politique de l’Afrique francophone.

– L’action politique des Pères indépendantistes. Cette action de grande envergure avait été menée par trois (3) personnalités allant de l’émancipation vers l’indépendance. Il s’agit de Jacques Opangault, leader du M.S.A.; de Félix Tchicaya, leader du P.P.C., et de l’Abbé Fulbert Youlou, leader de l’U.D.D.I.A. Ces facteurs politiques poussèrent la population congolaise et ses dirigeants d’alors à s’orienter vers l’indépendance. Ils furent consacrés «Pères indépendantistes» dans la mémoire collective.

– Un autre facteur déterminant était la loi cadre ou la loi Gaston Defferre adoptée par le parlement français le 23 juin 1956, mais mise en application à partir de 1957 et qui marqua une date importante dans l’évolution politique du Moyen-Congo (la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes).

– Le 28 novembre 1958 marqua la proclamation de la République du Congo, période d’autonomie interne, mais dans la communauté française, sous l’impulsion du Général Charles De Gaulle. D’ailleurs, à cet effet, n’avait-t-il pas prononcé le discours du 24 août 1958 à Brazzaville sous les accents forts suivants: «Cette communauté, je vais la proposer à tous et à toutes ensemble où qu’ils soient. On dit, mais nous avons droit à l’indépendance. Mais certainement oui. D’ailleurs, l’indépendance, qui conque la voudra pourra la prendre aussitôt, la métropole ne s’y opposera pas. Un territoire déterminé pourra la prendre aussitôt».

– C’est dans cette perspective d’autonomie interne que le Congo s’était engagé vers l’indépendance deux ans plus tôt.

– Un autre fait non moins négligeable que l’on pourrait signaler pour y aller, fut la réunion organisée par le duo Docteur Miakanda et le Procureur Lazare Matsokota au bar Faignond, à Poto-Poto, appelant une partie de la population à l’indépendance, mais cet appel s’était soldé par un échec.

– Les accords de Matignon du 14 juillet 1960. Ces accords font suite à la loi constitutionnelle du 14 juin 1960. Ceux-ci établissaient une communauté conventionnelle entre Etats désormais indépendants. La dite loi fut complétée par des accords bilatéraux et les accords multilatéraux. C’est en exécution de cette loi, que seront signés les accords de Matignon du 14 juillet 1960 qui ont débouché à l’accession du Congo à l’indépendance le 15 août 1960, puis à sa reconnaissance par les Nations Unies le 20 septembre 1960.

– Il faut préciser que ces accords ont été signés par l’Abbé Fulbert Youlou à l’hôtel de Matignon, siège de la primature, à Paris.

– C’est en effet un mois plus tôt en date du 15 août 1960, que la République du Congo accède à l’indépendance proclamée par l’Abbé Fulbert Youlou, en présence de deux (2) émissaires français envoyés par le Général De Gaulle, à savoir: André Malraux et Jean Foyer.

Le temps n’efface pas la trace de grands événements historiques.

Honoré Christian GACHANCARD,
chercheur.

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