Situé en plein cœur du quartier 665 Joseph Ngobali dans le 6è arrondissement Talangaï et à quelque 200 mètres de la paroisse Saint Jean-Baptiste sur la rue Liranga, le centre médico-social catholique Sœurs de la Croix est désormais opérationnel.
Sa bénédiction et sa mise en service ont eu lieu le lundi 27 octobre 2025. C’est Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, archevêque métropolitain de Brazzaville qui a procédé à cette bénédiction alors que le ministre de la santé et de la population, Jean Rosaire Ibara, l’a inauguré.
Sœur Natacha Ohoussi, supérieure des religieuses de la Croix de la région de l’Afrique centrale qui regroupe le Cameroun, la R.D. Congo et le Congo, a fait savoir que le choix d’implanter ce centre sanitaire au cœur du quartier 665 Joseph Ngobali se justifie du fait que Talangaï est le lieu de la première mission des sœurs de la Croix à Brazzaville, il y a 51 ans. «Pendant toutes ces années, nous avons vécu aux côtés de cette population, partageant ses joies, ses peines et ses espérances. Fidèles à notre charisme, nous voulons participer au mystère de Jésus mort et ressuscité pour le salut de tous les êtres humains, et manifester la compassion du Christ dans chaque geste de soin. La fondatrice de notre Congrégation, Claudine Echernier, nous a montré l’exemple. Femme de foi et de tendresse, elle allait de maison en maison, visitant les malades et consolant les affligés. Ce centre qui est mis au service de la vie et de la dignité humaine, offre une gamme de variée de soins destinés à répondre aux besoins de la population. Il comprend un service des consultations générales, chirurgicales, pédiatrique et prénatales, un service de petite chirurgie, un programme élargi de vaccination, un laboratoire d’analyses médicales bien équipé, une maternité moderne dotée de couveuses pour les nouveau-nés, un bloc opératoire adapté aux interventions courantes, un service d’échographie fonctionnel et une pharmacie institutionnelle bien pourvue», a souligné sœur Natacha Ohoussi.

Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou a loué les mérites de cette Congrégation religieuse qui se donne à l’assistanat des personnes vulnérables d’une partie de cette Eglise de Brazzaville. «La santé n’est pas un luxe, mais un droit. Et que les œuvres sociales puissent s’enraciner dans l’archidiocèse de Brazzaville, surtout avec la signature en 2017 de l’Accord-cadre entre l’Etat et l’Eglise».
Le ministre de la santé et de la population a souligné que le centre médico-social catholique sœurs de la Croix est une œuvre née de la foi, de l’amour du prochain et du désir de servir. «Cette réalisation, placée sous la protection divine, témoigne de notre engagement à soigner non seulement les corps, mais aussi les âmes. Elle incarne la mission de l’Eglise, qui depuis toujours, marche aux côtés de l’Etat républicain et laïque. Elle est aussi la preuve de la volonté du président de la République qui a toujours souhaité que l’Accord-cadre signé entre le Saint-Siège et l’Etat congolais dans le cadre des œuvres communes, soit une illustration parfaite des bonnes relations entre l’Eglise catholique et le gouvernement», a-t-il dit.
«Le quartier de Talangaï, densément peuplé, représente l’un des pôles les plus dynamiques de notre capitale. Pourtant, comme beaucoup d’autres zones urbaines populaires, il a longtemps souffert d’un accès difficile aux soins de santé primaires de qualité, et surtout à un engorgement de l’hôpital de référence de Talangaï qui assure la majorité de la couverture sanitaire de ce district sanitaire. L’ouverture de ce centre médico-social vient donc répondre à un besoin essentiel de santé publique, en offrant des consultations médicales et infirmières de proximité; un programme intégré de vaccination et de santé maternelle et infantile. Et, un appui communautaire et social pour les familles vulnérables», a précisé Jean Rosaire Ibara.
A noter que les religieuses de la Croix de Chavanod se sont installées à la paroisse Saint Jean-Baptiste de Talangaï en avril 1974, en l’occurrence Madeleine Giguet et Cécile Josserand. Grâce aux bons offices du père Jean-Marie Grivaz, missionnaire de la Congrégation du Saint-Esprit et curé de la paroisse. Elles participent pleinement à la pastorale d’évangélisation aux côtés du père Jean-Marie Grivaz, avec pour mission principale, l’encadrement des femmes et des jeunes filles à l’apprentissage des petits métiers, tels la coupe couture, le tricotage pour la confection des layettes. Aussi, aident-elles les catéchistes dans l’enseignement catéchuménal. A partir de 1975, les sœurs de la Croix lancent la bibliothèque paroissiale qui accueille de nombreux jeunes de la contrée de Talangaï et des environs. Une œuvre jamais réalisée à Talangaï et que les sœurs de la Croix venaient d’initier en vue d’inciter la jeunesse à la lecture. De nombreux jeunes non chrétiens se sont intéressés à la pastorale paroissiale en participant aux récollections pendant les temps forts de l’année liturgique (Avent et Carême), grâce aux bons offices que leurs offraient les sœurs de la Croix de Chavanod, à travers le petit déjeuner bien roder à la dimension de leur prestige. En effet, plusieurs générations des sœurs se sont succédée, parmi lesquelles Thérèse Accambray, Juliana Kurussumutil, Caroline Tornier, Lucienne Pereira, Yvonne Tochon, HilTrude, Madeleine Mayinga, Sylvie Gertrude Ngokoki, Lucie Solange Bouka, Gracia Youlou-Youlou, Patience Ongombé, pour ne citer que celles-là.
La Congrégation des sœurs de la Croix de Chavanod est arrivée au Congo-Brazzaville en 1958 et installée à Makoua et Ewo, dans l’actuel archidiocèse d’Owando.
Pascal BIOZI KIMINOU







