Après avoir décroché les Prix de champion de Brazzaville de Slam poésie en 2024, de champion du Congo la même année, puis classé quart de finaliste de la Coupe du monde de Slam poésie à Paris (France) en 2025, et en attendant de représenter le Congo à la Coupe d’Afrique de Slam prévue à Conakry, en Guinée, du 1er au 6 décembre 2025, l’artiste slameur congolais Aristide J. Johson est lauréat du Prix des Arts de créations poétiques, en Côte d’Ivoire en 2025, par un jury de la Fédération ivoirienne de Slam et écrivains ivoiriens, qui a analysé plus de 125 poèmes envoyés par des slameurs et poètes africains. Ce prix vient s’ajouter à la marche poétique que gravit l’artiste pas à pas, avec humilité et détermination.

«Remporter un prix international comme celui obtenu à Abidjan, sur la terre ivoirienne, c’est bien plus qu’une victoire personnelle, mais celle de la parole congolaise, du slam congolais, de toute une génération d’artistes qui se battent pour que nos mots traversent les frontières. Ce prix, je le dédie à mon pays le Congo, à ses poètes, à sa jeunesse et à cette force intérieure. En tant que slameur congolais, je ressens une responsabilité, celle de prouver que le Slam africain n’est pas seulement une scène d’expression, mais une école de pensée, une arme de beauté, une discipline de cœur et de conscience», a fait savoir Aristide Johson.
Ma préparation, a-t-il confié, «est à la fois physique, mentale et spirituelle. En tant que militaire, j’ai appris la rigueur, la discipline, et le dépassement de soi. En tant qu’artiste, j’’apprends la sensibilité, l’écoute, la vérité du verbe. Je mêle ces deux mondes dans mon entraînement: des séances d’écriture intenses, du travail de diction, de souffle, de présence scénique, mais aussi des moments de méditation et d’observation du monde. Aucun slameur n’avait encore représenté le pays, la même année à ces deux compétitions majeures. Je ressens une immense gratitude et une responsabilité symbolique: je deviens le trait d’union entre deux continents, entre la scène mondiale et la scène africaine. Cela prouve que le talent congolais peut résonner sur tous les fronts. Je porte en moi la voix d’un peuple, d’une école, d’une nation qui croit en la puissance du verbe. Etre ce premier poète, c’est aussi ouvrir une porte pour d’autres, pour que demain, de nouveaux slameurs congolais puissent rêver encore plus grand. Après les différents Prix remportés au niveau national, aujourd’hui, ce Prix international des Arts de l’Ivoire vient s’ajouter à ma marche poétique».
S’agissant de la Coupe d’Afrique à Conakry, a-t-il dit, «je la prépare comme un soldat prépare une mission, mais avec la passion d’un poète. Je veux porter la voix du Congo avec fierté, dignité et émotion. Mais, le projet qui me tient le plus à cœur actuellement, c’est mon grand spectacle conceptuel, intitulé: ‘’La messe est dite’’, prévu pour le 24 janvier 2026 à l’Institut français du Congo. C’est une célébration du verbe, une communion entre la poésie, la spiritualité et la performance. Et au-delà de ce spectacle, je prépare également une tournée panafricaine intitulée: ‘’Eloquence des mots’’, pour relier les slameurs d’Afrique autour des valeurs de paix, de fraternité et de dignité. Je veux que le Congo devienne une terre de référence poétique, un phare culturel sur le continent». «Mes projets s’inscrivent dans une vision globale, celle de construire une culture forte, enracinée et ouverte», a-t-il affirmé.
Aristide J. Johson est né le 11 avril 2000 à Brazzaville, ancien enfant de troupe, promotion Lin Landry Emile Ondaye 2010-2017. Militaire de profession, il est lieutenant-ingénieur en logistique des transports et liaisons militaires, chargé des activités préscolaires, des traditions et des relations civilo-militaires à l’école militaire préparatoire général Leclerc.

Alain-Patrick MASSAMBA

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