En avant pour de nouveaux paradigmes de gestion du domaine portuaire par une mise en valeur des infrastructures tenant compte des défis environnementaux et des enjeux économiques. C’est la noble ambition dévoilée par tous les participants au 45e Conseil annuel de l’Association de gestion des ports d’Afrique du centre et de l’ouest (AGPAOC) couplé à la 20e table-ronde des directeurs généraux des ports qui s’est tenu du 4 au 7 novembre à Pointe-Noire.

Ces assises ont eu pour cadre le majestueux et luxueux siège du Port autonome de Pointe-Noire (PAPN). Elles se sont déroulées sous l’autorité du Premier ministre de la République du Congo, Anatole Collinet Makosso. Ce, en présence de la ministre des Transports, de l’aviation civile et de la marine marchande, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, du Président en exercice de l’AGPAOC, le Ghanéen Mickaël Luguje, du secrétaire général de l’AGPAOC, l’Ivoirien Jean Marie Koffi, et de Séraphin Bhalat, directeur général du PAPN, et de bien d’autres responsables nationaux et internationaux.
Ces retrouvailles ont connu la participation des 24 membres titulaires de l’institution, parmi lesquels l’Angola, la RDC, le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, la Guinée équatoriale, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Nigeria, le Bénin, le Togo, le Ghana, le Libéria et la Guinée.

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La rencontre s’est déroulée dans une ambiance très conviviale. Il va sans dire que s’il y a un choix à faire, il faut retenir la photo de famille

Des membres associés tels que le Burkina Faso, Gabon Port Management du Gabon et le Conseil des chargeurs du Nigeria ainsi que des observateurs tels que la France le Maroc et l’Afrique du Sud ont également honoré de leur présence ce grand événement marquant un nouveau tournant dans l’histoire de l’AGPAOC créée en octobre 1972 avec la mission essentielle «de contribuer à l’amélioration de la qualité des services portuaires pour un développement socio-économique durable des pays membres et de toute la sous-région ouest-africaine et du centre».
Une mission presque difficile à accomplir, en raison de moult défis. Et parmi ces défis se trouve en bonne place le problème de la très difficile gestion du domaine portuaire.
Construits dans de grandes agglomérations en perpétuelle croissance économique et démographique, plusieurs ports maritimes africains et même dans le monde sont souvent soumis à l’épreuve de l’occupation de leurs domaines en raison des pesanteurs interinstitutionnelles et les contraintes d’ordre social.
C’est donc en raison de ce difficile contexte que l’événement a été placé sous le thème «Réinventer la gestion domaniale portuaire: vers une autre valorisation durable et résiliente des infrastructures portuaires face aux défis économiques et environnementaux».

Des investissements en lien avec les ODD

D’où l’impérieuse nécessité d’une exploitation portuaire qui tienne compte de ces nouvelles réalités. «Nos ports sont bien plus que des infrastructures; ils sont des phares économiques, des nœuds logistiques et des plateformes sociales. Ils sont les carrefours de nos échanges, les catalyseurs de notre croissance et les témoins de notre ambition collective. En favorisant une exploitation harmonieuse du domaine portuaire, nous devons veiller à maintenir le cap entre prospérité économique, inclusion sociale et protection de l’environnement. À cet effet, je loue les efforts de l’AGPAOC qui œuvre à la promotion de la coopération interportuaire et qui encourage les investissements durables», a déclaré, dans son mot d’ouverture des travaux, Anatole Collinet Makosso.
«Je formule le vœu que nos débats soient francs, constructifs et orientés vers les solutions partagées, car dans la solidarité, la coopération et l’innovation pourront nous permettre de bâtir nos ports africains modernes, performants, résilients et pleinement engagés dans l’atteinte des Objectifs du développement durable de notre continent», souhaitait Martin Boguikouma, directeur général de l’Office des ports et rades du Gabon (OPRAG), dans son mot d’ouverture, en tant que président de la table-ronde des directeurs généraux.
Ces assises ont ainsi été marquées par la tenue d’une série de sessions sur plusieurs thématiques. C’est le cas de «Réformer les cadres légaux et fiscaux pour projeter le domaine portuaire africain dans les chaînes de valeur d’avenir», «Investir, opérer et optimiser les activités portuaires-Retours d’expérience du secteur privé en Afrique et ailleurs», «Élaborer des stratégies portuaires résilientes» et «Anticiper pour se prémunir: protéger le domaine portuaire sans le contraindre».
Ainsi, «ayant pris acte» des communications d’experts et orientations d’autorités, les participants ont abouti à la conclusion selon laquelle, «Le port et la ville doivent appréhender ensemble les planifications spatiales d’espaces disputés. Dans ce contexte, la valorisation du domaine portuaire ne relève plus d’une simple gestion administrative, mais d’un pilotage concerté et collaboratif associant gouvernance publique, opérateurs privés et acteurs territoriaux», peut-on lire, dans le compte rendu des travaux lu par Jean Marie Koffi, secrétaire général de l’AGPAOC.

Vingt recommandations pour l’avenir

D’où la formulation de 20 recommandations dont la principale est: «La révision des textes fondamentaux de l’AGPAOC pour garantir davantage de flexibilité, d’efficacité et de sécurité juridique». Il a également été recommandé, entre autres, «l’impératif d’une meilleure collecte et harmonisation des données portuaires sous-régionales», «la capitalisation de l’expertise et des travaux des associations en matière de développement durable», «l’engagement des démarches pour la certification environnementale et de réduction de l’empreinte carbone» et «Intensification de la coopération avec des institutions internationales (Organisation Maritime Internationale, Association panafricaine de coopération portuaire, Association internationale des Ports et Harbours, etc.)».
Si l’AGPAOC a félicité le PAPN pour l’organisation «réussie» des assises, la structure dirigée par Séraphin Bhalat depuis juin 2015 a également reçu de l’organisation le prix de meilleur trafic transit au titre de l’année 2024. À la grande satisfaction de l’État congolais qui attribue ce mérite à un management efficient du PAPN. «Cela traduit la vision éclairée d’un homme, à savoir: Son Excellence Monsieur Denis Sassou-Nguesso, Président de la République, Chef de l’État. Ce, à travers sa volonté constante d’arrimer le port de Pointe-Noire aux standards internationaux et de consolider son positionnement de porte océane de l’Afrique centrale», a déclaré la ministre Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, dans son mot de clôture.
Et si les conclusions et les engagements étaient traduits dans les faits? Ce 45e conseil annuel de l’AGPAOC devrait, à coup sûr, constituer un nouveau tournant, mais surtout un tournant décisif dans l’histoire de cette institution internationale qui, en à peine un demi-siècle d’existence, aura relevé plusieurs défis comme la modernisation des infrastructures portuaires héritées pour la plupart de la colonisation.
Mais beaucoup reste à faire, notamment les solutions durables et définitives à la problématique de la gestion durable du domaine portuaire.
Le 46e Conseil annuel de l’AGPAOC devrait faire davantage bouger les lignes! Et ce n’est pas la volonté qui fera défaut, les ressources peut-être.

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