Dans les rues de Brazzaville, il devient de plus en plus courant de croiser des jeunes qui traînent, sans occupation claire, livrés à eux-mêmes. Le phénomène des bébés noirs, prend de l’ampleur dans plusieurs quartiers comme Makélékélé, Talangaï, Bacongo, Mfilou, Djiri, Ouenzé ou encore Moungali.
Certains jeunes, souvent déscolarisés ou en situation de précarité, se livrent à des petits vols, à former des gangs ou à consommer des substances illicites et toxiques. Le manque d’encadrement, l’influence des mauvaises fréquentations, l’oisiveté voire aussi l’absence d’emplois et de perspectives sont parmi les causes du phénomène.
Les familles, souvent dépassées, peinent à reprendre le contrôle de leurs enfants. Les autorités parlent de plans d’action mais dans la réalité, beaucoup estiment que les choses tardent à changer. Des associations essaient tant bien que mal d’occuper ces jeunes à travers des ateliers ou du sport, mais l’étroitesse des moyens fait obstacle.
Brazzaville, ville d’histoire et d’espoir, voit une partie de sa jeunesse glisser lentement vers un avenir incertain. Il est temps, selon plusieurs habitants, que chacun joue son rôle: parents, écoles, autorités et société civile, pour sauver cette jeunesse qui mérite mieux.
Mme Rosalie, résidente à Talangaï, dans le 6e arrondissement, déplore le comportement de son fils de 16 ans qui traîne avec des amis dans la rue. Il ne veut plus entendre parler de l’école. Elle s’inquiète que son fils n’intègre des groupes de hors-la-loi.
Pour M. Banzouzi, chef d’un quartier à Makélékélé dans le 1er arrondissement, regrette que les jeunes n’aient plus de repères. Selon lui, il faut créer des centres sociaux, organiser des ateliers de formation ou encore des tournois de sport pour les occuper.
Une autre citoyenne, Mme Mbemba, se dit également préoccupée. Habitante de Ouenzé, elle fait le constat amer : « La rue devient une école de violence. Mes enfants étaient innocents, maintenant je les vois changer. C’est dur», se lamente t-elle.
Du côté de Djiri dans le 9e arrondissement, un jeune de 17 ans nommé Junior, a avoué les vols qu’il a perpetrés avec ses complices, en disant que s’il se comportait de cette manière, c’est parce qu’il n’y avait rien à manger à la maison. «Mais j’aimerais apprendre un métier et m’épanouir, si on me donnait cette chance».
Lionel MAMBEKE (Stagiaire)







