A l’occasion de la célébration de la 77e Journée internationale des droits de l’homme au Congo, l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) a organisé, le 10 décembre 2025 à Brazzaville, une table-ronde. L’animateur du débat, son coordonnateur des programmes, Quentin Geodfroy Banga, a particulièrement invité les pouvoirs publics à intensifier leurs efforts en matière de promotion, de respect et de protection des droits fondamentaux.
La table-ronde s’est appesantie sur l’essentiel des différents aspects des droits humains pour leur meilleure compréhension. «Parfois ces questions sont mal comprises», selon Quentin Geodfroy Banga. « Notre débat montre que la question des droits humains, au regard du thème de la Journée internationale des droits de l’homme retenu cette année, n’est pas une question réservée à une journée donnée. On ne peut pas dire que le 10 décembre est le seul jour où les droits de l’homme doivent être respectés. C’est une continuité », a-t-il souligné. Et d’ajouter : « Nous avons développé quelques sous-thèmes portant sur la protection et la défense des droits humains, la question des populations autochtones et la gestion de l’espace civique. Au niveau du Congo, il y a quelques réformes, mais on peut constater qu’il y a une certaine dégradation des droits humains. Le Congo n’est pas un paradis des droits de l’homme. Pour preuve, nous avons mentionné des violations, que ce soit la situation au niveau des maisons d’arrêt; la question de l’identité juridique avec, aujourd’hui, un nombre important des enfants qui ne sont pas enregistrés; la situation de la liberté de circulation et la liberté d’expression. Ce n’est pas une fatalité. Nous encourageons les pouvoirs publics à mieux faire, à conjuguer davantage d’efforts pour que les engagements pris au niveau international soient respectés au niveau national. C’est ce que nous voulons».
Le travail s’effectue à base des textes ratifiés. Les textes doivent être effectifs au niveau de la pratique. L’espace civique connaît des restrictions. Il faut quelques largesses pour que chaque acteur soit à mesure de s’exprimer librement pour partager ses opinions sans crainte de se faire interpeller ou arrêter. Le conférencier a ajouté que « les droits de l’homme ne sont pas une exclusivité de la société civile ou d’un acteur donné. Tous les acteurs doivent travailler de commun accord pour qu’on effectue ce sursaut national afin que le Congo devienne un paradis des droits de l’homme, c’est notre souhait. Nous avons signé des textes internationaux. Cette journée, c’est aussi une interpellation, elle n’est pas une simple célébration. Nous voulons marteler pour mettre l’accent sur les droits humains pour attirer l’attention, afin de ne pas perdre de vue certaines questions pour que les pouvoirs publics comprennent le sens de notre combat ».
Philippe BANZ
