A quelques semaines de l’élection présidentielle du 15 mars, le paysage politique est rempli de points d’interrogations. Avec une prédominance pour l’indifférence. Le principal parti de l’opposition, l’UPADS de Pascal Tsaty Mabiala, affirme que les dés sont pipés ; il renonce donc à présenter un quelconque candidat. Ceux qui se réclament de la majorité, sachant leur affaire assurée, donnent de la voix pour que le candidat unique soit assuré d’une victoire indiscutable dès le premier tour. Telles que se présentent les choses, il ne s’agirait pas d’un oracle difficile : sans opposants d’envergure, celui qui représentera le PCT aura un véritable boulevard devant lui. Un coup KO, et vive la démocratie de chez nous !
Toutes les théories fumeuses sont de sortie. On veut nous persuader que l’élection à la congolaise est la plus merveilleuse de toutes ; que nos acteurs sont les plus parfaits, même quand nous savons tous les micmacs qui conduisent à écarter plus ou moins avec ménagement un candidat. Nous savons que l’élection de mars prochain est déjà jouée d’avance. Les protagonistes savent le poids nul que pèsent tous ceux qui braillent au nom d’une démocratie dévoyée. Mais que nous continuons d’invoquer au nom de tous les principes qui étaient jadis à la base du multilatéralisme que nous pleurons maintenant.
Pour les élections à venir où l’opposition qui compte a volontairement choisi de se tenir à l’écart, nous ne savons pas quelle valeur nous accorderons à la réalité d’un vote qui s’obtiendra sans les voix de l’opposition. La faute n’est pas à attribuer à quelqu’un en particulier : «vous n’avez pas voulu aller au vote, tant pis !» diront les tenants de la majorité. «Vous avez voulu nous entraîner dans un vote où les dés étaient pipés ! Et vous souhaitiez que nous fassions semblant ? Peu pour nous !». Et nous en restons là.
C’est à ce «jeu» que nous sommes. Cela continuera ainsi, parce que nous sommes habitués à cela et que seuls, de temps en temps, quelques coups de feu viennent nous changer de l’ordinaire, des débuts d’incendie qui caractérisent chaque élection chez nous depuis des décennies.

Albert S. MIANZOUKOUTA

Abonnez-vous à notre bulletin d'information