L’ordination de Mgr Brice Armand Ibombo comme évêque de Ouesso samedi dernier marque une étape importante de l’histoire de notre évangélisation. Mgr Ibombo boucle la boucle de l’occupation de tous les sièges épiscopaux par les fils du Congo qui ont reçu leur baptême de la part des missionnaires. On peut donc dire que la boucle est bouclée. Nous comptons neuf diocèses ; nous avons neuf nationaux comme évêques. Ce n’est pas un triomphe, c’est seulement le signe que l’évangile portée en terre il y a 140 ans, a produit du fruit. Et que ce fruit peut, à son tour, pendre la suite des porteurs de l’évangile venus de très loin. Les fils de terroir prennent désormais la suite des «ensemenceurs» de l’évangile au Congo. L’inculturation en marche !
Mgr Ibombo insiste sur l’unité des filles et fils de Dieu dans notre Eglise, et ce n’est pas seulement une figure de style. Il nous faut rendre un hommage sans limites à la génération des missionnaires partis de loin et venus dans nos contrées, bible à la main. Avec le risque des dangers d’un exotisme qui n’incitait pas aux vacances. Les moustiques, les bêtes sauvages, les serpents des contrées mystérieuses sont toujours là, mais la manière de les appréhender est peut-être moins fantasmée aujourd’hui. A Ouesso, le dernier missionnaire est celui qui a eu ses successeurs évêques d’aujourd’hui comme catéchumènes il y a une trentaine d’années. Mgr Yves-Marie Monot a quitté le diocèse il y a trois ans, mais il n’a pas fermé la porte. C’est la fin d’un cycle et un temps de bascule mais la mission, qui n’est pas question de nationalité, se poursuit.
C’est l’ouverture d’un cycle ; l’application de tous les enseignements de Vatican II par les filles et fils du pays. Inculturation et synodalité sont mises au défi de la culture et du savoir-être d’aujourd’hui. Mgr Ibombo en a les atouts ; il prend en main un diocèse qui jouit d’une réputation de prospérité et où la Parole de Dieu fructifie, heureusement. L’historien qu’il est saura jeter son regard vers le passé ; l’intellectuel qui est en lui saura tracer le sillon pour un futur bien intégré aussi. Dimanche, il a insisté sur l’unité du peuple de Dieu et rappelé que là où est le chrétien, là est son Eglise. C’est un propos qui s’adresse à nous tous.
La foule des chrétiens partis de Brazzaville pour «monter» à Ouesso témoigne aussi de la notoriété de Mgr Ibombo, homme de contact toujours souriant, homme de livres, proche de son peuple qui s’embarque dans une «aventure» où il ne sera toutefois pas seul. Bonne route Monseigneur !

Albert S. MIANZOUKOUTA

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