Finalement, notre Afrique montre où sa classe politique voulait véritablement en venir : à la dictature généralisée ! Nous avons accompagné l’écroulement en Occident du Mur de Berlin ; organisé des conférences nationales ruineuses et parfois interminables; tenu des élections à coups de milliards ; contesté leurs résultats ; nous avons fait des guerres et chassé du pouvoir des dirigeants naguère inamovibles ; nous avons joué le jeu quand les institutions financières internationales nous intimaient l’ordre de faire comme les autres et de suivre le tracé des habitudes passées. Silencieux ou bruyants, nous ne taisions qu’une seule vérité: la nôtre.
Aujourd’hui, avec le recul, nous dégageons une éclaircie autour d’une véritable volonté africaine. Voulons-nous de la démocratie? Voulons-nous engager nos pays sur la voie de la prospérité et du bonheur de tous? Répondre par l’affirmative passe mal. Parce que, comment pourrions-nous justifier les prédations voraces de nos propres ressources par nos propres dignitaires? A un petit montant, on peut plaider l’erreur. En une seule fois, on peut feindre de ne pas savoir ou d’oublier… Mais lorsque des montagnes de millions sont engloutis dans des opérations somptuaires ; que des monceaux sont orientés vers des destinations inconnues, comment convaincre de notre sérieux?
Nous sommes de tous les sommets, de tous les fora, de toutes les conférences où nous sommes parfois applaudis: à la fin, que nous reste-t-il qui convainque de notre aspiration à une dignité pour sauver nos peuples? Ou de notre détermination à défendre ceux-ci quand sont sollicitées nos capacités de dirigeants? L’Afrique est vraiment malade d’elle-même !
Finalement s’épuiser à clamer que nous voulons la démocratie; que celle-ci est le meilleur régime pour notre développement, c’est du pipeau ! Dans notre sous-région, nous venons d’organiser des élections. Le vainqueur a gagné pour la 8ème fois. A Djibouti, le président a repoussé l’âge légal pour être président. En Côte d’Ivoire, la victoire échoit pour la 4è fois à celui qui n’en voulait pas : rien n’est interdit à qui veut se maintenir au pouvoir. Il suffit de faire semblant et de gagner des années de puissance.
Albert S. MIANZOUKOUTA
