Les acteurs de l’écosystème musical présents à Brazzaville se sont penchés, du 22 au 23 juillet 2025, sur la découvrabilité de la création musicale. C’était au cours d’un atelier professionnel organisé par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), en partenariat avec le Comité d’organisation du FESPAM.
«Comment optimiser la ‘’découvrabilité’’ des œuvres musicales africaines sur les plateformes numériques?» : tel était le thème de cette Masterclass (Classe de maître) animée par Lamine Ba, journaliste sénégalais et expert des industries culturelles et créatives. Elle a réuni chroniqueurs musicaux, producteurs, managers, directeurs de festival, formateurs de plateformes Web, créateurs de contenu ainsi que des membres d’organisations musicales venus des villes et pays suivants: Brazzaville et Pointe-Noire (Congo); Kinshasa (RD Congo) et Ndjamena (Tchad). Objectif: renforcer leurs compétences stratégiques en matière de visibilité numérique et de ‘’découvrabilité’’ des œuvres musicales africaines à l’ère du streaming et des réseaux sociaux.
«La pertinence de l’initiative cadre pleinement avec les ambitions numériques de la douzième édition du FESPAM», a déclaré le commissaire général du FESPAM, Hugues Gervais Ondaye. Aux apprenants, il a fait savoir: «Sachez que danser c’est bien, mais enrichir ses connaissances, est d’autant plus complexe, au moment où il y a une migration vers le train numérique; il est plus que temps que nous puissions nous approprier ses outils».
Quant au coordonnateur de projets à l’OIF, Kanel Engandja Ngoulou, il a affirmé que «cette masterclass s’inscrit dans une démarche cohérente avec les actions de l’organisation en faveur de la culture numérique. La thématique du FESPAM évoque le numérique, et la ‘’découvrabilité’’ est précisément ce qui permettra à nos œuvres musicales d’exister et de rayonner sur ces plateformes. Le formateur va s’appuyer sur une plateforme numérique appelée ‘’Music in Africa’’».
De la notion de ‘’découvrabilité’’, le formateur Lamine Ba a souligné que c’est «la capacité pour le contenu culturel d’être trouvé par un public qui ne le connait pas encore. Un enjeu crucial dans un monde numérique saturé d’information, où la visibilité seule ne garantit plus de succès». Puis, il a proposé une série de distinctions fondamentales, notamment entre visibilité, souvent issue d’un effort promotionnel, et ‘’découvrabilité’’ qui repose sur les logiques organiques des plateformes. Puis, il a largement développé le rôle des métadonnées qui sont essentielles pour le bon référencement des œuvres par les algorithmes. Avant d’insister sur l’importance stratégique d’une présence numérique structurée sur Facebook; Instagram; Tik Tok; Youtube; mais également sur l’audit de cette présence.
Parlant de la structuration du secteur musical africain, Lamine Ba a relevé que «le cumul des fonctions par une même personne en tant qu’artiste, manager, producteur ou encore distributeur, freine la performance du secteur». Aussi, a-t-il encouragé une spécialisation plus nette des métiers pour un meilleur développement des carrières musicales.
Pour Lamine Ba, le premier jour de l’atelier «a permis aux participants de poser les bases d’une réflexion profonde sur les outils, cadres et stratégies à adopter pour que les musiques africaines soient non seulement visibles, mais surtout découvertes et mémorisées. Un enjeu d’avenir pour une industrie musicale africaine qui a désormais toutes les cartes en main pour briller à l’échelle mondiale». Le deuxième jour a été axé sur «la communication, stratégie et média».
A.-P.M.

