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FETE DE NOEL : Les Evêques indignés suite au confinement général décrété par le Gouvernement

FETE DE NOEL : Les Evêques indignés suite au confinement général décrété par le Gouvernement

Monsieur le Premier Ministre,

Comme la plupart des citoyens congolais en général et des chrétiens en particulier, c’est avec beaucoup d’étonnement et de perplexité que nous, Evêques du Congo, avons pris connaissance du communiqué de la coordination nationale de gestion de la pandémie de coronavirus covid-19, portant instauration d’un confinement général le 25 décembre 2020, date où les chrétiens célèbrent la Nativité du Christ. Nous sommes bien conscients de la gravité de la maladie. Mais, après avoir étudié le contenu du communiqué de la coordination nationale et analysé les faits, nous avons de la peine à comprendre les motivations réelles qui ont poussé la coordination à priver les chrétiens de la célébration de Noël, une des fêtes les plus importantes de la foi chrétienne. Cela est d’autant plus incompréhensible que l’Eglise est l’avant-garde s’agissant du respect des mesures barrières et de distanciation au cours des célébrations liturgiques. Jusqu’à présent les activités des mouvements d’apostolat sont en berne dans la quasi-totalité de nos paroisses, nous avons multiplié les célébrations eucharistiques pour éviter de trop grands rassemblements. Pendant ce temps, on constate que les marchés et les bus dits « mal à l’aise » sont toujours bondés de monde.

Noel, chez nous comme ailleurs, est aussi la fête de la famille par excellence, par conséquent fête  du partage. Nombreux cependant risquent de ne pas avoir un repas de fête ce jour-là, vu l’impossibilité de se rendre chez un parent, un ami, un bienfaiteur. Comment peut-on donc imposer de telles restrictions à une population qui a déjà du mal à joindre les deux bouts ? Faut-il rappeler que depuis l’imposition des mesures de confinement, beaucoup d’entreprises ont fait faillite, entrainant dans la misère de nombreux compatriotes ? Le moment n’est-il pas venu de se poser des questions de fond telles que :

Quel plus grand péril court donc notre peuple ? Celui de la Covid-19 ou celui de la pauvreté ? Celui de la pandémie qui sévit certes gravement ailleurs mais modérément chez nous ou celui des impératifs liés à la survie, à l’accès à la santé, à l’éducation, à des moyens de transport convenables etc. ? Nous nous réjouissons que la coordination recommande aux personnes vulnérables de se faire tester régulièrement. Il n’est cependant un secret pour personne que les retraités, qui comptent parmi les personnes les plus vulnérables dans notre pays, ne perçoivent pas régulièrement leurs pensions. Comment peuvent-ils faire face à un test qui coûte 20.000 francs ? Par le passé, l’Eglise a toujours été considérée avec respect et consultée dans ce genre de questions. Récemment notre pays a signé un accord-cadre avec le Saint-Siège, qui imprime un nouveau souffle aux relations entre l’Eglise et l’Etat. D’où vient alors que la coordination nationale en vienne à prendre une telle mesure mettant l’Eglise dans l’impossibilité de célébrer Noel ? Une mesure qui n’a même pas été prise dans les pays d’Europe où la maladie est vraiment grave !

Nous, Evêques du Congo, voulons rappeler au Gouvernement qu’au début de la crise sanitaire, il avait participé à un culte interreligieux, organisé au Palais des Congrès, demandant à Dieu d’épargner notre pays de la pandémie. Et le Congo fut épargné jusqu’à ce jour du moins. Malheureusement, aujourd’hui, nous ne pouvons pas fêter la Naissance de Celui à qui nous devons notre salut !

Monsieur le Premier Ministre, avec l’espoir que notre cri du cœur trouvera un écho dans le Vôtre, nous Vous prions de croire à l’expression de notre profond respect et à notre franche collaboration. Nous vous souhaitons, à Vous et à tout le Gouvernement, un Joyeux Noel et une Bonne et Heureuse Année  2021 !

Que Dieu bénisse le Congo !

Brazzaville, le 23 Décembre  2020

Les Evêques du Congo

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A propos de l'auteur

Editorial

NOUS VOUS DISONS MERCI !

Ce n’est pas être présomptueux que d’affirmer que notre fête fut belle. Nous avons célébré les 70 ans de création de La Semaine Africaine : nos Evêques nous ont soutenus, nos amis dans les chancelleries comme dans les autres organes d’information nous ont entourés de leur sollicitude. Par les nombreuses manières que nous offrent les technologies modernes d’aujourd’hui, nous avons reçu les témoignages affectueux venus de partout.

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