Assassiné le 7 juillet 2021 à son domicile, le Président Jovenel Moïse a été inhumé le 23 juillet dernier. Les funérailles ont eu lieu à Cap-Haïtien, dans le Nord du pays d’où il était natif, en présence de ministres, de politiques et de diplomates, dans une atmosphère tendue. Un hommage solennel lui a été rendu dans la résidence familiale; son cercueil, recouvert du drapeau national et de l’écharpe présidentielle, était exposé sur une esplanade, ornée de fleurs. La dépouille était gardée par des soldats des Forces armées.

Très affectés, la sœur du Président, l’un de ses fils et sa veuve Martine Moïse ont tour à tour pris la parole. Le bras en écharpe après avoir été gravement blessée dans l’attaque qui a coûté la vie à son mari, la veuve Moïse s’est inclinée devant le cercueil de son défunt époux, en déclarant: «On a comploté contre toi, te condamnant à mourir dans la barbarie et la cruauté, toi toujours si loyal envers eux, tu as été abandonné et trahi. Quel crime as-tu commis pour mériter un tel châtiment?».
La veuve en deuil, coiffée d’un chapeau noir, a affirmé que son défunt époux «connaissait bien les vices de ce système pourri et injuste. Ce système auquel peu avant lui, d’autres ont voulu s’attaquer. Il s’est retrouvé du jour au lendemain avec tout le système en bloc, en face de lui». Précisant ne vouloir «ni vengeance, ni violence».
Le célébrant principal, le père Robès Charles s’est aussi interrogé sur l’état du pays: «Y’a-t-il encore des hommes et des femmes dans le pays, capables de défier la complicité des forces, et pourtant, qui ont conduit à la ruine du pays»?
Des représentants de délégations étrangères, du corps diplomatique et les membres du gouvernement s’étaient succédé auparavant pour présenter leurs condoléances au Président assassiné. Le Président américain Joe Biden a envoyé une délégation menée par Linda Thomas-Greenfield, l’ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique à l’ONU, comptant également Daniel Foote, le nouvel émissaire américain pour Haïti. Des cris de colère accusant la police de ne pas avoir protégé le Président ont été lancés durant la cérémonie. Près du lieu des obsèques, la police a usé des gaz lacrymogènes contre les manifestants. Des pillages de magasins ont également été signalés.
Donald Germéus, correspondant de Radio-télévision Caraïbes rapporte: «Il y a des supporters, des fanatiques du Président qui étaient chauffés à blanc, surtout à cause de la présence de certaines autorités. Après ses funérailles, les partisans de Jovenel Moïse étaient vraiment sur le pied de guerre, et des scènes de pillage ont été enregistrées. Ils ont pillé des magasins appartenant à des gens de la capitale. Des magasins qui se trouvent non loin de l’habitation de Jovenel Moïse».

Alain-Patrick
MASSAMBA

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