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INSTITUTIONS : Les questions orales embarrassent le Gouvernement au Sénat

INSTITUTIONS : Les questions orales embarrassent le Gouvernement au Sénat

Une séance des questions orales avec débats a eu lieu au Sénat, le 8 décembre dernier, sous la conduite de Pierre Ngolo, son président. Le Gouvernement est resté sur la défensive sur les différentes préoccupations soulevées par les sénateurs et qui portaient sur les pensions des retraités, la dette intérieure, la COVID-19, la desserte d’Impfondo, etc.

Ils étaient six sénateurs à poser les questions à cinq membres du Gouvernement. Le premier d’entre eux, était Alphonse Gandzia. Il a parlé des difficultés que vivent les retraités. «Ce sont des personnes âgées qui, ayant rendu de loyaux services à la nation, sont admises à faire valoir leur droit à la retraite. Les retraités au Congo sont vieux, chefs de famille nombreuse qui ne vivent que grâce à leur pension. Malheureusement le paiement de cette pension connaît des retards notoires: 20 à 30 mois. De plus, on note à l’heure actuelle, près de 40.000 retraités à la CRF pour une pension de 11 milliards de F.CFA. Le Gouvernement ne peut-il pas réunir cette somme chaque mois pour payer les pensions?», s’est-il interrogé.
Le sénateur a également parlé du défaut de la desserte sur Impfondo. «L’avion Nouvel Air Congo n’est plus arrivé à Impfondo depuis 10 mois sans qu’on sache pourquoi. Les bateaux d’Etat ont disparu», a-t-il regretté, en interpellant la ministre des Transports.
Alphonse Koua a voulu savoir la politique préconisée par le Gouvernement pour améliorer la fréquence des trains voyageurs sur la ligne CFCO.
«Quelles sont les dispositions en cours d’exécution et celles préconisées par le Gouvernement pour résoudre tous les problèmes qui se posent dans la gestion de la pandémie de COVID-19!», a demandé Adeodat Jackson Matoumbi, à la ministre de la Santé.
Le sénateur Gabriel Zambila a interpellé le Premier ministre sur le mouvement des cadres diplomatiques. «Nombreux des diplomates relevés de leurs fonctions ou nouvellement nommés se retrouvent en difficulté. Pour certains diplomates rappelés, soit leurs frais de rapatriement leur parviennent très tardivement, soit ils ne prennent pas en compte leurs familles et les effets personnels. Ceux nouvellement nommés ont à charge de payer leurs passeports diplomatiques, leurs billets ainsi que ceux de leurs familles pour rejoindre les pays d’affectation. Certains de ces diplomates n’ayant même pas encore pris service percevraient déjà comme par magie leurs salaires diplomatiques. Ces constatations sont susceptibles de ternir la bonne image de notre pays. Quelle disposition préconise le Gouvernement pour remédier à cette situation honteuse?», a-t-il questionné.
De même que sur la situation des salaires des agents des mairies qui devient, selon lui, insoutenable. «Plus de 40 mois impayés. Comment justifiez-vous cette attitude gouvernementale alors que les fonctionnaires sont régulièrement payés?».
Jean Marie Ompebé s’est préoccupé, quant à lui, de la dette intérieure: «Nous constatons un silence dans le paiement de celle-ci. Pouvez-vous nous éclairer sur le processus d’enclenchement, de règlement des paiements de la dette des opérateurs économiques, des arriérés des retraites?». Une question adressée au Premier ministre.
Dans ses réponses, Clément Mouamba a commencé par indiquer qu’en juin 2020, le nombre des retraités qui était de 26277 est passé à 42064. «Compte tenu de la réalité d’aujourd’hui, il est difficile au cours d’un seul mois d’affecter 11 milliards 258 millions de F.Cfa aux retraités du coup. D’où l’alternance proposée de payer un mois sur deux. Dans la pratique, on s’est rendu compte que ce n’était pas facile», a-t-il dit.
S’agissant des retards de salaires dûs aux agents des mairies, le premier ministre a fait savoir que ce constat n’est pas l’exclusivité des municipalités, «il y a aussi les Conseils départementaux. Ça dévalorise à la limite la décentralisation. C’est une situation gênante. Le rôle du Gouvernement, c’est de trouver des solutions», a-t-il déclaré.
Sur l’audit de la dette intérieure, «les paiements se font. Sur les 300 milliards reçus du club de Brazzaville, près de 260 milliards F.CFA ont été apurés. Une bonne partie de cet argent est allée aux banquiers et l’autre aux créanciers qui font partie du secteur économique, notamment dans les travaux publics, y compris les entreprises chinoises qui ont pris le gros morceau. Nous devons beaucoup d’argent auprès de ces entreprises. Quant à la dette sociale, j’ai demandé qu’elle soit bouclée avant la fin de l’année», a assuré Clément Mouamba.
Le ministre Jean Claude Gakosso est revenu sur le mouvement des cadres diplomatiques. «Depuis 2014, notre ministère éprouve de vraies difficultés à assurer convenablement cette opération en raison de la situation financière que connaît le pays. Les crédits alloués pour le rapatriement des diplomates et personnels assimilés dans les missions diplomatiques et consulaires sont chaque année, non seulement insuffisants, mais aussi difficiles à décaisser. Avec l’accumulation de trois vagues d’agents rappelés, cette opération de rapatriement devient encore plus difficile à réaliser. Il nous faut une enveloppe de 3 milliards de F.CFA. 79 agents sont concernés dont la majorité ont fait valoir leur droit à la retraite. Les difficultés ne concernent pas seulement le mouvement diplomatique, mais également la vie de nos missions diplomatiques. 65% des crédits de fonctionnement des missions diplomatiques et consulaires pour l’année 2019 ont été envoyés à la Caisse congolaise d’amortissement (CCA). La totalité des crédits de fonctionnement pour l’exercice budgétaire 2020 sont toujours en instance de paiement au Trésor public. Les agents locaux en service dans nos ambassades accusent aujourd’hui 4 mois d’arriérés de salaires», a expliqué le ministre des Affaires étrangères.
Interpellée, Mme Ingrid Ebouka Babackas a justifié le défaut de desserte d’Impfondo. «Le transporteur aérien Nouvel Air Congo a bel et bien cessé toutes ses activités d’exploitation aérienne depuis mai 2020 en raison des difficultés qu’il rencontre à la fois sur le plan organisationnel, technique et opérationnel. Ses appareils ne sont plus en état de navigabilité. Le transporteur TAC a déposé un plan de vol Brazzaville-Ollombo-Impfondo», a-t-elle informé.
Au niveau du secteur fluvial, «nous avons une flotte qui est dans un état de vétusté et de délabrement. Nous voulons qu’un peu de temps nous soit donné. Nous sommes en train de travailler. C’est une question de financement et de trouver les acteurs privés capables d’accompagner le Gouvernement dans cette démarche», a-t-elle poursuivi.
S’agissant du réseau ferré, la ministre est revenue sur quelques contraintes qui freinent son épanouissement, notamment la précarité du matériel roulant, la vétusté des infrastructures, des voies de télécommunication, de signalisation, la faiblesse de l’énergie et les actes de vandalisme à répétition dont il est victime. Elle a annoncé la venue de locomotives neuves.
Quant à la ministre de la Santé, elle a peint le tableau sur la gestion de la COVID-19 en République du Congo. Le dernier rapport de situation publié le 7 décembre fait état de 6049 cas confirmés, 5003 guéris, 133 nouveaux cas en 8 jours, 737 cas actifs, 99 décès pour un taux de létalité de 1,6%.
Elle a en outre édifié les sénateurs sur les trois plans de riposte à la pandémie qui ont connu de faibles taux d’exécution budgétaire. «Il apparaît évident que toutes les charges liées à la riposte ne pouvaient que connaître les difficultés. Celles liées à la motivation du personnel soignant fixé à 452.450 millions de F.CFA par mois en est une illustration avec des arriérés cumulés de 2.743.350.000.000 de F.Cfa depuis mai 2020».
Mme Jacqueline Lydia Mikolo a reconnu un relâchement dans l’application des mesures barrières, entraînant une augmentation des cas dans le pays, notamment à Brazzaville et à Pointe-Noire. «Le manque de ressources dédiées à la riposte en est la cause principale», a précisé la ministre qui a appelé à la remobilisation de la population et sollicité le leadership des sénateurs pour le renforcement de l’application stricte des mesures barrières.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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Editorial

Le Pape est chez nous !

Après un report en juillet, le voyage du Pape en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud se matérialise enfin. Depuis mardi le Souverain pontife est à Kinshasa, en attendant d’arriver en fin de semaine à Djouba, capitale du Sud Soudan. Ce voyage se veut un pèlerinage de paix, une invite à la réconciliation, un rappel à cette humanité que le contact avec l’évangile du Salut devrait avoir rendu plus sensible à la sacralité de la vie humaine.

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