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LUTTE CONTRE LE SIDA, LE PALUDISME ET LA TUBERCULOSE : Les conditions requises ne sont pas réunies

LUTTE CONTRE LE SIDA, LE PALUDISME ET LA TUBERCULOSE : Les conditions requises  ne sont pas réunies

Une délégation de l’équipe pays du Fonds mondial, conduite par Lionel Caruana, gestionaire de portefeuille, a séjourné au Congo du 8 au 18 mai dernier dans le cadre du suivi des subventions. Une cérémonie de restitution de la mission a été organisée à Brazzaville. Le constat est plutôt alarmant. «Les conditions ne sont pas réunies pour une mise en œuvre optimale des subventions et les résultats ne sont pas là où ils devraient être», ont-ils relevé.

La mission de l’équipe pays du Fonds mondial était, non seulement d’identifier les goulots d’étranglement et d’en faire des analyses, mais également de proposer des solutions en vue de relever le défi d’une mise en œuvre optimale des subventions.
Pour Mme Valérie Maba, le Congo est dans une phase critique de la lutte contre les trois maladies les plus mortelles, à savoir: le paludisme, la tuberculose et le VIH-sida.
Bien que le Fonds mondial ait augmenté significativement sa subvention au Congo, «les résultats sont mitigés et restent bien en-dessous des attentes», a affirmé la coordinatrice du comité de coordination nationale.
Elle a fait savoir que cette situation interpellait tout le monde et «nous amène à nous poser la question de savoir où se trouve le problème. Je reste convaincue que le travail que vient d’effectuer la mission de l’équipe pays va beaucoup nous aider à relever les défis», a dit Valérie Maba.
En 2022, les Etats-Unis vont abriter la conférence de restitution des ressources du Fonds mondial. «C’est là qu’on va discuter s’il faut ou non augmenter la subvention du Congo», a précisé Lionel Caruana.
Or, les résultats du Congo ne sont pas bons et le pays n’a que trois mois pour renverser la tendance. «Le constat fait, c’est qu’il y a manque de collaboration entre les acteurs qui sont censés servir ces subventions», a-t-il déclaré. Espérant «les résultats seront meilleurs lorsque nous allons revenir au mois de septembre. Et que le Congo pourra continuer à bénéficier de cette subvention pour financer son programme de lutte contre le paludisme, la tuberculose et le VIH-sida».
Pour Lionel Caruana, l’un des plus grands problèmes au Congo, «c’est qu’on ne teste pas les malades vivant avec le VIH-sida. 90% de personnes vivent avec le VIH sans le savoir. Il faut les trouver et les dépister. Pour cela, il y a deux portes d’entrée sur lesquelles on droit se concentrer: les centres anti tuberculeux et les consultations prénatales».
De cette mission, il a été fait le constat suivant: les conditions requisses ne sont pas réunies pour une mise en œuvre optimale des subventions.
Les résultats de la mise en œuvre des subventions sont en berne et alarmants pour le VIH et la tuberculose. «Inquiétant, parce que les services qui sont censés être rendus à la population ne le sont pas. C’est ce qui nous préoccupe le plus. Un autre constat: c’est le manque de redressement des résultats dans le portefeuille Congo. Si on ne le fait pas, le risque est que le pays aura moins d’argent pour continuer sa lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose. Il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur. C’est pourquoi, une action urgente est attendue», a-t-il dit. Avant d’inviter les acteurs de subventions à mettre l’OMS au centre des discussions. «Le Fonds mondial a tendu la main au Congo, en doublant la subvention. C’est un signe positif envoyé au pays. Ce qui est inquiétant, c’est que le pourcentage d’absorption de fonds après la première année est de 59%. Pire encore pour les fonds COVID qui sont à 36%. Les budgets ne sont pas très utilisés par les acteurs de subventions. Il faut s’en servir», a-t-il conseillé.
Dans la lutte contre le VIH, Lionel Caruana pense qu’il y a des indicateurs qui sont inquiétants, notamment ceux qui indiquent que 24% de personnes vivant avec le VIH ne soient pas dépistées. Par conséquent, «ne prennent pas leur traitement et sont en train de propager le virus. Les 22.000 tests effectués en 2021 ont eu un taux de positivité de 13%. C’est le plus important au monde. Les gens qui viennent se faire dépister sont déjà très malades», a-t-il conclu.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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Editorial

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