Basée en général sur la rumba, la musique congolaise, notamment ses orchestres et artistes, a connu en soixante-cinq ans d’indépendance plusieurs moments de gloire. Dix-neuf ans avant l’indépendance, Paul Kamba dit ‘’Tata Paulo’’ a été le précurseur de la musique congolaise moderne pour des générations. Né le 12 décembre 1912 à Mpouya (Département des Plateaux), il a quitté ce monde le 19 mars 1950, à l’âge de 38 ans. Son œuvre considérable lui a valu d’être fait ‘’Chevalier de l’Étoile du Benin’’ de la République française. Paulo Kamba a ouvert la voie à toute la lignée des grands noms qui ont dominé le monde de la musique dans le grand bassin du Congo. C’est précisément en 1941 qu’il a fondé à Brazzaville l’orchestre Victoria Brazza qui devint l’un des groupes légendaires de la rumba.

Dans ces soixante-cinq ans d’activités, on ne peut pas passer sous silence Antoine Moundanda et son Likembe Géant; Negro Jazz; Negro Band de Max Massengo; Orphée Jazz; Guy Léon Fylla, mais aussi l’orchestre Les Bantous de la capitale ‘’Bakolo Mboka’’. Encore actif, cet orchestre sexagénaire qui vient de mettre sur le marché un nouvel album, figure parmi les premiers du pays, à l’instar de l’orchestre ‘’Melo Congo’’ d’Emmanuel Damonga-Dadet créé à la fin des années 1940.

Le 15 août 1959, les anciens sociétaires des orchestres OK Jazz et Rock-A-Mambo: Jean-Serge Essous dit ‘’Trois S’’ (premier chef de l’OK Jazz en 1956), Edouard Ganga dit ‘’Ganga Édo’’, Célestin Kouka dit ‘’Célio’’, Daniel Loubelo dit «De la Lune» (OK Jazz), Nino Dieudonné Malapet (fondateur en 1957 du Rock-A-Mambo), Saturnin Pandi (Rock- A-Mambo), et trois artistes originaires de la RD Congo créent l’orchestre Les Bantous de la capitale, devenu un patrimoine culturel national. A l’occasion, un concert est organisé au bar-dancing ‘’Chez Faignond’’ à Poto-Poto, dans l’actuel troisième arrondissement de Brazzaville.
Autres orchestres et individualités qui ont marqué de leur empreinte l’histoire de la musique congolaise: les orchestres Les Nzois; Le Peuple du Trio CEPAKOS, créé en 1972 (Célestin Kouka; Pamelo Mounk’a et Kosmos Moutouari); Negro Band avec Max Massengo dit ‘’Edo Clary’’; Tembo de Daniel Loubelo ‘’Delalune’’; Ntounta Mamadou, Franklin Boukaka, et le Cercul Jazz; Master ‘’Mwana Congo’’; Fidèle Zizi et Les Mando Negro ‘’Kwalakwa’’; Sinza Kotoko de ya Gaby; Los Batchicha; Nelly Okemba; Balou Canta et Télé-Music; Hydro Music; ATC Music; Luli Madéra et Mairie Music; Bala-Bala; Aero Ndos; Les Guérilleros; Les Trois frères (Loko Massengo; Youlou Mabiala et Michel Boyibanda), avec eux, Pouela Du Pool; les Super Boboto de Brazzaville (SBB), avec Ange Linaud Djendo et Mienandi Michou; les Rumbayas; Ebouka Système de Michel Boyibanda; Céli Bitshou; José Missamou; Pambou Tchico Tchikaya; Masano ‘’Les rebelles’’ Super Tembesa; Super Comirail; African Mode Matata; African Kings Pili-Pili avec Denis Loubassou ‘’La Cloche’’; Novelty; Ngombe Penki et Maurice Obami de Manta Lokoka; Les Jeunes Bantous; Les Sossa de Pierre Moutouari; Sakomansa de Nkaya ‘’Matos-Mwana Mukamba’’ et Canta Matima; Younga Layoung; Victor Miéré; Les Bantous Monuments; Diafouka San Martin et Go Momekano; Muziki La Juva; Les Tcha-Tchamens; .Les Makandas; Motema Moto (Sibiti); Niari Music; les frères Gérard et Clotaire Kimbolo ‘’Douley’’, Pie Aubin Mabika et l’orchestre Les Anges; Paul Domestho et Les Archanges; Aimé Elangui; Baudoin Ondongo; Les Palata (ex-Les Perles); Les Zakala avec Jean Jody Malonda; Feel Foster; Freddy Kebano; les orchestres du 8 février et de la Jeunesse; Les Mbamina avec Samba Ngo; Emile Biayenda et Les Tambours de Brazza. En 1980, Youlou Mabiala dit ‘’Le Prince YM’’, abandonne ses compagnons et crée le Kamikaze Loninguisa.

A cette liste, il faut joindre: Jacques Loubelo; Papa Kourand; Ntounta Mamadou; Thomas Dia Mahoungou; Laurent Botséké; Claude Bivoua; Lucien Kimpouni et le Kamba-Kamba Atlantic; Sammy Massamba; Tanawa; Rido Bayonne; Théo Blaise Kounkou dit ‘’TBK’’; Aurlus Mabélé le roi du soukous et son groupe Loketo; Mav Cacharel; Mangoungou Clé; Zao; Nzongo Soul; Philippe Sita; Kaly Djatou; Charles Tchicou; Jean-Jacques Berkano; Faye Akam Ambré; Biyolo ‘’Le grand’’; Lilo Flood Nianzi; Zitani Neil; Auguy BM; Roland Bienvenu Faignond et Makirimbia de Bana Poto-Poto; Les Tontons de Brazza; Dieudonné Nkounkou ‘’Marleau’’; Gérard Gandou; Joséphine Bijou; Marie Bella; Youyou Nella; Mamy Claudia; Pembey Sheiro; Pierrette Adams; Diany Bakéla; Judith Ndeko. La jeune génération a également et continue à jouer sa partition dans l’épanouissement de cette musique: Bilenge Sakana; Ndimbola Lokole; Lolangp; Les Nkake; Tout choc Zimbabwe; Thu Shaïma; Mondenge; Sekeni Steiguen; Ainsi va la vie; Révélation; Shakara Musica; Yebonde; Les orchestres RAS Kebo de Jules Daron Massika; Les Très fâchés; Mouyirika; Les Lwezi; Ley De Mamad’U; Vital Fouemina; Ladis Arcade; Freddy Massamba; Fernand Mabala; Julien Cladia Salabanzi et Viva Mandolina; Véritable Mandolina; Rapha Bounzeki; Chairman Jacques Koyo; Rovias Adampot; Bongol; Michaëlle Moutouari; Roger Luthin; Angelu Chevauchet et le Viva Chawa stars; Samba Djo et Viva Melodia; Pape God; les frères Fofana et Alain Moulady; Anicet Rigadin Mavoungou; Stany Rodriguez; Laude Dapea et Loussaka Foula; Cogex star; Chiden De Mbouta; Saint Petro; Panama Foukilaho; Bébé Chinois; Dolisiana; Achille Mouebo ‘’Le roi du moutenfo’’; Roga Roga et son groupe Extra-Musica; Quentin Moyasco et son groupe Extra-Musica International; Guy Guy Fall; Doudou Copa; Saint Patrick Azano; Kévin Mbouandé et son groupe Patrouille des stars; 100% Setho et son groupe Impression des AS; Vaticanya; Papy Basting; Romain Gardon et son groupe SOS Salsa; Trésor Mvoula; Merlin Bouton; Nouvel Horizon; Djoson Philosophe et son groupe Super Kolo Mboka; Vox Intello; Mariusca Moukengué; Gypsie La Tigresse; Noura Patch; Sheryl Gambo; Oupta; l’orchestre L’Armée Rouge…

Créée en 1970 à Brazzaville, la Société congolaise du disque (SOCODI), devenue Industrie africaine du disque (IAD) dans les années 80, avait pour objectif principal de développer l’industrie musicale congolaise, en assurant la production et la distribution de disques. Elle a beaucoup contribué à l’évolution de la musique congolaise sur le plan phonographique. En organisant depuis juillet 1996 le Festival panafricain de musique (FESPAM), la République du Congo est devenue le siège de la musique africaine. La musique congolaise a commencé à parcourir les grandes capitales du monde à travers le concept la ‘’Nuit du Congo à …’’, de feu Henri Germain Yombo ‘‘Beethoven’’, président manager du Groupe Pella Yombo (GPY). Depuis le 18 octobre 2013, Brazzaville, la capitale du Congo, a été admise dans le prestigieux réseau des villes de l’UNESCO. De même, la rumba congolaise est depuis inscrite sur la prestigieuse liste du patrimoine immatériel de l’humanité.
Alain-Patrick
MASSAMBA







