Le Togo est entré définitivement dans la Ve République samedi 3 mai 2025, avec la prestation de serment de Faure Gnassingbe pour le poste de président du Conseil, une fonction créée suite au changement de Constitution intervenu en 2024. L’ancien président conservera l’essentiel du pouvoir exécutif.

La main droite levée, posée sur le livre de la Constitution et devant sept membres de la Cour constitutionnelle, Faure Gnassingbe, qui fêtera ses 59 ans le mois prochain, a prononcé la formule du serment conformément à l’article 47 de la Constitution. Il venait d’être désigné, un peu plus tôt à l’Assemblée nationale. «Non seulement cette investiture marque l’entrée en fonction du président du Conseil, mais elle fait entrer définitivement notre pays dans l’arche sainte des démocrates parlementaires», a souligné le président de la Cour constituttionnelle, Djobo Babakane Coulibaley.
La cérémonie s’est terminée par un défilé militaire et 21 coups de canon. Faure Gnassingbe, dont le quatrième mandat devrait prendre fin ce samedi 3 mai, occupe désormais la plus haute fonction du pouvoir exécutif du Togo. Il est également chef suprême des armées. Cependant, dans l’opposition et au sein de la société civile, la nouvelle Constitution fait toujours débat. Pour ces deux forces, il s’agit d’une confiscation du pouvoir, au mépris de la souveraineté du peuple, et d’un moyen pour Faure Gnassingbe qui n’avait plus la possibilité de se représenter une seule fois pour un mandat de cinq ans, de rester à la tête de l’Etat sans limitation de temps.
Au pouvoir depuis 20 ans, Faure Essozima Gnassingbe avait succédé à son père Etienne Gnassingbe Eyadéma, en 2005 à l’issue d’une élection marquée par des violences qui avaient fait cinq cents morts, selon les Nations unies.

A.-P. MASSAMBA