Trop ou pas ?

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On pourra dire ce que l’on veut d’un chiffre. Depuis la semaine dernière, nous savons que nous comptons 42 partis politiques officiels au Congo. Sont-ils trop nombreux, trop peu? Comblent-ils à suffisance l’espace démocratique de la Nation? Pour un pays de 5 millions d’habitants, le ratio est-il adéquat? Il y aurait des raisons de s’arcbouter et de soutenir que l’espace démocratique ne se comble qu’à l’usage qu’en font les citoyens. Aux Etats-Unis où la tradition s’est solidifiée autour de partis des Républicains et des Démocratiques, la réalité a du mal à faire place à un autre parti que tente de faire émerger le milliardaire Elon Musk, le Parti de l’Amérique.
Pour le cas du Congo, nous avons toujours fonctionné avec des partis à ras-le-bord. Depuis 1992 et l’avènement de la démocratie pluraliste, nous avons fonctionné de telle manière que tant qu’il y avait des partis à former, nous les formions et les intégrions. Le citoyen était convaincu qu’il y a de l’espace pour tous. Et que seuls des motifs mesquins peuvent ne pas faire admettre une formation politique à la veille d’une compétition. Mais pour l’année prochaine, il semble bien que nous ayons à compter au moins quatre formations sans reconnaissance officielle.
Le RDD de M. Yhombi ; le PSDC de M. Miérassa ne seront pas autorisés à compétir. Le Parti de Dave Mafoula non plus, ou celui d’Anguios Engambé : tous deux n’ont pas obtenu leur sésame. Les raisons sont assez obscures, mais elles pourraient ramener aux pinailleries administratives de toujours. Comme de juste, les quatre candidats mis à l’écart sont aussi parmi ceux qui se montraient les plus virulents contre le régime en place. De là à penser qu’on s’est «débrouillé» pour écarter des concurrents gênants, il n’y a qu’un pas que d’aucuns ont franchi sans état d’âme.
Que sera demain? Quel paysage politique se dressera dans le pays et pour quelle démocratie? Et si nous nous limitions à un nombre restreint de partis? Quelle volonté réelle se cache derrière le côté brusquement sourcilleux de l’administration? Demain est un autre jour. Les partis politiques de chez nous continueront à fonctionner avec leurs défauts de toujours. Il y aura ceux qui les trouveront bien ainsi ; il y a ceux qui hurleront à la manigance. C’est ainsi depuis la nuit des temps.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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