En République du Congo, les violences basées sur le genre prennent une envergure considérable et ce malgré les dispositifs juridiques de protection et de répression des violences mis en place. Par exemple: la loi MOUEBARA n°2022 du 4 mai 2022 portant lutte contre les Violences faites aux Filles et aux femmes en République du Congo ; la loi n°4-2010 du 14 JUIN 2O2O portant protection de l’enfant en République du Congo ; la loi n° 06/018 du 20 juin 2006 modifiant et complétant le code pénal congolais ; la loi n°2020-27 du 5 juin 2020 portant lutte contre la cybercriminalité. Tous ces dispositifs juridiques visent à protéger les droits et la dignité des personnes, en particulier des femmes et des enfants et à lutter contre les violences qui leur sont faites.
Mais force est de constater que malgré tout cet arsenal juridique, de plus en plus de jeunes filles et de femmes sont battues, humiliées, rabaissées à de simples objets de plaisir, de moqueries et même de paris. Les mineures sont progressivement exposées aux prédateurs, les femmes quant à elles deviennent des cibles à abattre. Ainsi, à en croire le rapport fourni par l’Unicef Congo 7/10 et 8/10 des Filles sont victimes des violences dans le milieu scolaire, sur les réseaux sociaux, et sur d’autres lieux de vie. Les violences sexuelles s’élèvent à un taux de 98% suivi des violences physiques. On a comptabilisé 1338 cas de violences basées sur le genre répartis comme suit: 312 dans les commissariats, 1026 dans les centres de santé. 248 cas de viol et un pourcentage de 25% d’enfants victimes des VBG sans considération des cas résolus à l’amiable et du silence des victimes sur certains cas. Les violences s’intensifient. Elles sont récurrentes et se produisent en tout lieu. Elles ne se limitent plus à leurs manifestations traditionnelles à l’instar des violences physiques, psychologiques, sexuelles, conjugales et économiques. Elles deviennent quotidiennes, facilitées par le numérique notamment à travers le net, les réseaux sociaux et bien d’autres moyens électroniques.
Entre harcèlements en ligne très souvent manifestés par des commentaires grossiers, les diffusions des images à caractère privé, confidentiel ou même intimes appelées « Nudes » dans le langage des jeunes sans consentement. Des gens piétinent ainsi, l’intégrité physique et morale des victimes constituant des atteintes à leur vie privée pouvant donner lieu à l’isolement, à la dépression, à la perte d’estime de soi et au suicide. Les violences en ligne intensifient ainsi le taux de violences basées sur le genre. Les statistiques sont alarmantes. La dignité de l’être humain est bafouée, le droit à l’égalité réduit et son respect est mis à rude épreuve. Les violences faites aux filles et aux femmes constituent ainsi des atteintes aux droits fondamentaux tels que proclamés par la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1945.
Face à cette récurrence, face à ces statistiques alarmantes, plusieurs inquiétudes surgissent et appellent à :
-L’interprétation stricte et la bonne application des législations en vigueur à l’égard des auteurs des violences ;
-Le respect des procédures judiciaires notamment par les modes de saisines des juridictions compétentes ;
-Le respect des délais de décision par la justice ;
-Le respect de toutes les dispositions mises en place comme les programmes d’insertion des victimes des violences.
Les victimes ne sont pas incitées à briser le silence, à dénoncer.
De ce fait, entre silence de certaines victimes dues à la lenteur de la justice et à la liberté des auteurs à se croire supérieurs, le combat pour l’élimination des violences faites aux filles et aux femmes en République du Congo devient un véritable combat pour l’espoir de vivre dans un Congo égalitaire et inclusif.
Ainsi, pour parvenir à l’élimination totale de ce fléau, chacun devrait d’une part comprendre l’urgence de joindre sa voix aux cotés de toutes celles déjà levées et, d’autre part, d’être partisan de l’égalité des sexes et pour la justice.
Appel à responsabilité
Les communautés, les associations et les personnes physiques du droit privé ou du droit public doivent :
-Renouveler les modes de sensibilisation ;
-Intéresser les filles et femmes aux questions de genre ;
-Responsabiliser en ligne les filles tout comme les garçons ;
-Soutenir les victimes dans leur processus de dénonciation sans jugement et discrimination ;
-inculquer aux jeunes les valeurs de respect et d’égalité.
Les pouvoirs publics doivent par contre :
-Veiller au respect de la bonne application des législations en vigueur ;
-Mettre en place des juridictions ad hocs pour faciliter et assurer le traitement rapide des cas des victimes de violences dans les plus brefs délais ;
-Encourager et renforcer la place de la femme par les programmes de formation qualifiantes ;
-Restreindre la présence en ligne des mineurs.
Les victimes doivent à leur tour :
S’armer de courage et d’audace.
Ce n’est que de cette manière que nous pourrions réussir à éliminer les violences et à bâtir une république saine, égalitaire et inclusive.
Je suis confiante car le meilleur est dans l’inclusion et ce par la considération des deux sexes, à parts égales, sans violences.
Mervely-Guslinne MBONGO-TSIMBA, juriste et Présidente de l’Association Engagées pour les Filles et Femmes du Congo en (EF2C)








l’éveil du réalisme force à toi ma chère
Merci très cher!!
Les commentaires sont fermés.