Nous avons voté dans le calme, et nous avons renouvelé notre confiance à l’homme qui incarne depuis plus de 40 ans l’image du Congo. Des contestations sont bien nées quelque part, et d’aucuns ont trouvé exagéré le chiffre des plus de 86% de taux de participation avancé par le ministère de l’Intérieur. D’aucun se sont même étonnés que nous ne nous étonnions pas du score stalinien qui a (re) hissé le candidat de la majorité à son inamovible poste. D’autres ont vu de la misère intellectuelle dans le classement des 7 partis politiques en compétition: rien de vrai, rien de faux, mais tout est devenu définitivement officiel. Le Conseil constitutionnel va sacrer le vainqueur.
Encore une fois, majorité présidentielle et opposition devraient se réjouir de ce que, même si les résultats du «un coup-KO» n’ont surpris personne, le jour de l’annonce officielle ils n’aient donné lieu à aucune manifestation de contestation violente. Les opposants se sont opposés ; les vainqueurs ont étalé leur triomphe: nous sommes devenus une république sage. Il est possible qu’à l’étranger, nous ayons fait l’objet de quelques railleries, mais seul le résultat final compte dans un pays finalement apaisé, avec des salaires payés à l’heure et des Kulunas gagnés eux aussi à l’invite au repos. Nous avons voté ! Bien ou mal, seul le Congo compte !
Dans une rapide réflexion dans ce journal, Cyr Armel Yabbat-Nghot esquisse quelques-uns des défis urgents qui attendent le président réélus : l’eau, le courant, le chômage, la diversification de l’économie. Ces défis sont anciens et récurrents. Certains ne datent pas de la mandature qui s’achève même si, au vu de sa longévité, on a du mal à départir qui, de Lissouba à Sassou-Nguesso, aura abordé la question des pénuries et des manques avec le plus de pragmatisme et qui aura aggravé la situation. Une chose est certaine : il s’agit de défis anciens auxquels différents gouvernements ont été confrontés, et sur lesquels leurs velléités se sont littéralement cassées les dents ! Plus de 65 ans après les indépendances, les dents cassées sont toujours en place…
Le mandat qui va s’ouvrir est celui de la transition générationnelle, le président l’a dit. En maître incontesté des horloges, il sait quand inviter les générations nouvelles à prendre le relais des anciennes, ni si ces anciennes l’incluent aussi, lui. Fasse que la sagesse acquise dans le dureté des années passées perdure, et que les armes ne nous servent pas d’instrument à faire avancer ce développement que nous attendons toujours au début de chaque mandat électoral.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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