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INTERVIEW | Passi: «Le Congo me manquait»

INTERVIEW | Passi: «Le Congo me manquait»

Considéré comme l’un des pères-fondateurs du rap français, le célèbre rappeur, chanteur, compositeur, producteur et désormais cinéaste franco-congolais Passi (Passi Balendé à l’Etat-civil) a séjourné récemment au Congo, son pays natal. Avec une équipe de la société Canal+, il doit réaliser un documentaire. L’artiste a également assisté à la projection, en avant-première, du film ‘’Le Prince’’ dans lequel il joue le premier rôle avec l’actrice autrichienne Ursula Strauss. Il a également participé à la Fête de la musique, et animé un atelier. Avant de regagner la France, le membre fondateur du groupe de hip-hop Ministère A.M.E.R. s’est prêté à nos questions.

*J’imagine que cela vous a fait énormément du bien de fouler à nouveau le sol de votre pays natal?
**Oui, ça faisait un bon moment que je n’étais pas venu ici. Comme j’ai beaucoup travaillé à l’étranger, entre le film en Allemagne, et nouer des connexions avec des artistes du Ghana, de l’Afrique anglophone pour la production de quelques nouveaux titres qui sont en train de sortir, par exemple celui avec Sarkodie, ou quelques titres qui vont sortir en septembre prochain, avec des artistes comme Akwaboah. Je présente aussi un nouvel artiste, Horty, qui fait de l’afro-beat. Donc, j’ai été croiser le fer, le micro avec de grands artistes ghanéens pour faire toujours le pont Paris-Accra-Brazza. Et puis, le film en Allemagne, la promotion un peu à droite, à gauche en Europe. Oui, le Congo me manquait. Je suis très content d’être revenu au pays qui m’a vu naître.

*Ceci dit, comment s’est passé le séjour?
**Très, très bien, très, très speed. On a eu une dizaine de jours assez chargés. On a fait le tour du pays avec l’équipe de Canal+, parce qu’on a réalisé un documentaire pour une émission qui s’appelle ‘’Mon odyssée africaine’’. Donc, il y a déjà eu plusieurs émissions comme ça au Bénin, en Côte d’Ivoire. Moi, je devais leur faire découvrir le Congo. On a parcouru un peu le pays. On a fait Brazza, on est parti voir la Reine téké. On est parti aussi à Sibiti, à Pointe-Noire. On a essayé de faire quelques zones comme ça. Malheureusement, on n’a pas pu aller au Parc D’Odzala, à cause du mauvais état de la route.

*Le 23 juin dernier a eu lieu, à l’Institut français du Congo de Brazzaville, la projection en avant-première du film ‘’Le Prince’’ dans lequel vous jouez le premier rôle avec l’actrice autrichienne Ursula Strauss. Pourquoi le choix du Congo?
**Parce que, comme c’est un film qui parle d’un Congolais du Kasaï une histoire d’un Congolais en Europe, même si c’est un Congolais d’en face, ça touche quand même nos cultures. C’est donc un film qu’on a sorti en Allemagne, en France, et je tenais absolument que mes compatriotes le voient ici, qu’ils donnent leur avis. Donc, c’est aussi un marqueur sur ma carrière, parce que, depuis un moment, je suis derrière la caméra, et donc, Passi, ce n’est pas que la musique, mais c’est aussi le cinéma.

* Durant votre séjour, vous avez assisté à la Fête de la musique et animé un atelier. Comment les choses se sont-elles passées?
** A la fête de la musique, j’ai fait le tour de trois, quatre scènes. J’ai pu voir des amis qui ont organisé des concerts. J’ai été dire bonjour au public sur trois, quatre scènes. J’ai adoré voir mes frères dans la joie, en train de fêter la musique. Ç’était un plaisir. L’atelier que j’ai animé, portait sur les métiers de la musique, comme celle que j’ai lancée en France, l’année dernière. Il s’agit, pour moi, de montrer aux Congolais comment pêcher, plutôt que de leur donner chaque fois du poisson. C’était une formation aux métiers de la musique, à la production, à cet outil qu’est internet. J’ai sorti ça en France, depuis l’année dernière, et puis je suis en train de chercher à adapter cette formation aux métiers de la musique pour les Congolais. Donc, j’ai donné une master- class là-dessus. Il y avait beaucoup d’élèves. C’est une formation qui dure quatorze heures en e-learning, mais on a fait un petit résumé en deux heures. J’ai fait gagner cette formation avec Tall (NDLR: Hassim Tall Boukambou, réalisateur et producteur congolais) au Centre culturel Zola. Il s’agit d’une dizaine de formations gratuites aux élèves les plus assidus, puis à ceux qui sont vraiment motivés. On est en train de voir avec Tall comment faire profiter aux jeunes Congolais cette formation, au lieu de venir tous les temps chercher à les produire. S’ils suivent cette formation, ils peuvent tout faire eux-mêmes; ils n’auront plus besoin de personne.

*Vous avez été reçus par la ministre du Tourisme et des loisirs, Destinée Hermella Doukaga…
**La ministre nous a vraiment aidés. Figurez-vous que quand il fallait aller à Ngabé, on lui a exposé le problème, elle a mis à notre disposition un hélicoptère. Elle nous a soutenus, parce qu’on est quand même venu avec l’équipe de Canal+. On voulait montrer quelques coins du Congo, on a montré la dame qui fait des glaces avec les fruits du pays, Aymard, le chef-cuisinier qui revisite la gastronomie congolaise, etc. On a montré plein de coins comme ça qui sont importants; on était avec Kiki Lawanda (NDLR: photographe congolais). Du côté de Pointe-Noire, on a montré le glacier à Makola, l’école de surf à Pointe-Noire. On a montré plein de choses que les gens ne connaissent pas forcément du Congo, pour élargir la beauté de ce pays et des possibilités qu’on a dans ce pays, surtout au niveau touristique.

*Parmi vos nombreux projets figurent la réalisation d’un album du groupe Bisso na Bisso. Pouvez-vous nous en dire davantage?
**En fait, tout le monde nous demande Bisso na Bisso depuis un moment. Avec mes frères de Bisso na Bisso, on a fait quelques titres inédits. L’album Racines, le premier du groupe Bisso na Bisso n’est pas trouvable sur internet. Donc, on va enregistrer, d’ici fin octobre-novembre, la ressortie du premier album de Bisso na Bisso pour des internautes. Et derrière ça, il y a des nouveaux titres qui arrivent. Donc, pour célébrer cette ressortie, et en même temps, on a tous des carrières les uns les autres, mais on a un peu du mal à se remettre ensemble, parce que tout le monde est actif à droite, à gauche. Mais on va quand même réussir à faire quelques titres ensemble et pour le plaisir de ceux qui ont aimé Bisso na Bisso, pour donner quelques nouvelles sensations.

*Un autre projet concerne la réalisation d’un film au Congo…
**Oui, je suis sur un long métrage. Ça va être une comédie qui se passe entre la France et le Congo. Donc, j’en ai parlé à droite, à gauche; ça doit se réaliser d’ici un à deux ans. Je pense qu’il y a un ou deux mois de tournage ici. Je pourrai faire bosser quelques acteurs congolais, pas forcément tous, parce que je viendrai quand même avec certains acteurs parisiens, français, comme c’est un film dont le budget vient de France. J’ai aussi fait une apparition dans le film de ma sœur Claudia Yoka…

*Vous avez récemment organisé, avec brio, ‘’Accra in Paris’’, qui a réuni plusieurs grandes stars ghanéennes de hip hop, de rap et de l’afrobeat avec des rappeurs français. Un concert ‘’Brazza in Paris’’, ça ne vous dit pas?
**Ouais, c’est faisable. C’est pourquoi Accra in Paris résulte de ce pont où avec mon artiste Horty, on est partis d’un seul afrobeat nigérian, ghanéen, là-bas au Ghana. On a fait un concert là-bas au Ghana, qui s’appelait ‘’Paris in Accra’’. Et puis, de tous ces duos qui ont été faits, je cite il y a Sarkodie, Akwaboah, Fany, il y a une fille qui s’appelle Beka, Kobena, c’est des artistes ghanéens. Moi, j’essaie d’élargir le pont, le triangle, Oui, pourquoi pas ici ce concert, ramener des Ghanéens ici? Tout est faisable, mais en même temps, j’ai trouvé des bons sponsors, des bons partenaires qui m’ont permis de le faire. Donc, je n’aurais pas pu le faire tout seul. Si les sponsors sont chauds, s’ils mettent les budgets, pourquoi pas?

Propos recueillis par
Véran Carrhol YANGA

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