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LIVRE : ‘‘Cantiques incandescents’’ de Serge Eugène Ghoma Boubanga

LIVRE : ‘‘Cantiques incandescents’’ de Serge Eugène Ghoma Boubanga

Poète se voulant modeste, Serge Eugène Ghoma Boubanga a présenté son nouveau bébé lyrique et poétique: ‘’Cantiques incandescents’’. La cérémonie dédicatoire a eu lieu jeudi 30 novembre, dans la salle André Gide de l’Institut français du Congo, à Brazzaville. En présence des férus de la littérature venus nombreux.

L’économie syntaxique, stylitisque et sémantique de l’ouvrage a été décortiquée par le Dr-écrivain Francis Rosin Emerson Loemba. Parlant de la mythisation de Pointe-Noire, enracinement territorial, mémoire et système dialogal, Rosin Loemba a relevé notamment: «C’est une réalité esthétique et poétique que nous retrouvons dans ‘’Cantiques incandescents’’, renfermant une quarantaine de poèmes. Ce troisième recueil de poèmes de Serge Eugène Ghoma Boubanga, publié en 2015 aux Editions L’Harmattan, et dont la marque préfacielle de Boniface Mongo-Mboussa propose une orientation thématique de lecture, s’appréhende comme une poésie subjectivante ou une subjectivation de la poésie à partir de trois thématiques majeures que nous découvrons: la mythisation de la ville de Pointe-Noire, l’imaginaire géographique de l’esclavage et l’exploration sentimentale et amoureuse»’.
Chez Ghoma Boubanga, l’évocation de Pointe-Noire est inaltérable. L’évocation de cette ville peut toutefois se lire métonyquement, puisque la problématique posée en filigrane s’étend sur un vaste champ de mémoire. ‘’Cantiques incandescents’’ est profondément marquée par l’enracinement territorial. La poétique de l’espace produit une sorte de régénérescence qui entretient un lien étroit avec l’inconscient du poète; il s’agit d’une démarche descriptive et poétique qui permet de léguer un héritage culturel et historique à la postérité’’.
Le poète, poursuit-il, se lance dans une perspective de reconstruction de son ‘’royaume d’enfance’’ et tente de reconstruire la mémoire collective sur les merveilles du passé. La ville de Pointe-Noire est ainsi qualifiée affectueusement de ‘‘Ponton-la-belle’’, en raison de ses vestiges d’antan, ses infrastructures cuturelles et ses symboles historiques. Cette exploration spatiale se lit de prime à bord comme le ressourcement du poète, et une manière de penser véritabement l’avenir de cette ville. L’espace comme lieu de la mémoire devient un moyen par lequel il constitue toute une tradition historique. ‘’Les plaines brumeuses de Patra’’; ‘’Les ruelles bondées de Tié-Tié’’… sont autant de repères qui galvanisent sa mémoire.
Outre ces évocations à valeurs historiques, traduisant un attachement à la terre natale, le poète reste subjugué par le visage actuel de cette ville océane, et n’hésite pas à dénoncer ses dérives ou situations chaotiques. ‘’Ponton la Belle/ Sous tes lumières obscures’’ (P. 14); ‘’Ponton la Belle/Poussièreuse aux pieds nus’’ (P. 15).
Sur l’imaginaire géographique de l’esclavage, l’évocation de la ville de Pointe-Noire chez Ghoma Boubanga procède à une reconstruction mémorielle autour de l’esclavage. En s’appuyant sur sa conscience historique, il revisite la question de l’esclavage des Noirs partant du site de Loango… En dehors de la résurgence de cet imaginaire géographique sur l’esclavage, le poète procède à un système dialogal à partir d’une personnification des lieux ou de la ville.
Parlant du titre de son ouvrage, Ghoma Boubanga a fait savoir ‘’qu’il renvoie simplement à la luminosité. De même, il a émis le voeu de revoir nos grands auteurs dans nos programmes éducatifs, car ceux-ci ont façonné à une certaine époque notre être. Aujourd’hui, a-t-il ajouté, il y a lieu de réveiller les poètes endormis afin que dans nos programmes éducatifs qu’on réapprenne à écouter les sentiments nobles à travers la poésie’’.
Témoignant sur l’auteur et ses oeuvres, le Pr Omer Massoumou, les Drs Jean-Blaise Bilombo Samba, Noël Kodia Ramata, les écrivains Henri Djombo, président de l’UNEAC, Férréol Gassackys et le Pr Mukala Kadima Nzuji ont tous magnifié la poésie louable et intéressante du poète. ‘’Né il n’y a pas longtemps, il a su se hisser au rang des poètes majeurs de la littérature congolaise, et même africaine’’, a conclu le Pr Kadima Nzuji.

A.P.M
(Nous y reviendrons).

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Editorial

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