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PRESSE : Les Congolaises à l’assaut des médias!

PRESSE : Les Congolaises à l’assaut  des médias!

La presse congolaise faite par les hommes depuis qu’on en parle dans ce pays traîne encore le pas quant à la notion de parité ou d’égalité. Les femmes sont beaucoup moins visibles que les hommes dans les médias d’information. Elles sont souvent ou principalement interviewées en qualité de mères, de simples témoins ou de victimes. Sur la scène médiatique, les rôles de l’expert, de l’intellectuel ou du professionnel reste largement préemptés par les hommes. Une représentation biaisée des sexes!

Les effectifs des hommes sont toujours supérieurs à ceux des femmes dans les organes de presse. Même si dans certains, on trouve des femmes à des postes de responsabilité ou de direction, la marche pour la femme reste encore longue pour qu’elle s’impose vraiment dans le journalisme malgré quelques exceptions (Pauline Tsidékélé connue sous le nom de Pauline Tsik, Marie jeanne Kouloumbou, Solange Samba Toyo, Lucienne Tsoumou, Rose Toyo, Bernadette Ngangoula). Plusieurs faits en sont causes: harcèlement, pesanteurs conjugales, complexe d’infériorité, etc. La situation ne date pas d’aujourd’hui, elle remonte au début des années de naissance de la presse congolaise.

Femmes et presse écrite
En matière de presse écrite, de tous les journaux existant, «La semaine Africaine», le plus vieux périodique de la région Afrique centrale d’obédience catholique, ne compte pas assez des femmes journalistes en son sein. Elles sont à peine trois au total, dont deux à Brazzaville et une à Pointe-Noire. Une seule est responsable d’une rubrique. Aux ‘’Dépêches de Brazzaville’’, seul quotidien de la place dont la longévité est d’à peine 17 ans, on ne compte que six femmes journalistes dans sa rédaction de Brazzaville. A l’Agence congolaise d’information (ACI), créée le 20 juin 1961 sur les cendres du bureau de l’Agence France Presse, et dont la présence est marquée par la parution d’un bulletin d’information, sept femmes seulement exercent à la rédaction. Des faibles scores qui en disent long sur la situation des femmes dans les médias ou sur les rapports des femmes avec les média.

Femmes et presse audiovisuelle
Du côté de la radio, le constat semble le même. A la Radio diffusion nationale congolaise, depuis sa création en 1936, qui débute avec la naissance de «Radio club», une modeste station équipée d’un émetteur à faible puissance permettant aux Brazzavillois et aux populations alentour d’être constamment informé des nouvelles du monde, n’a connu en cinquante-six ans d’existence qu’une seule femme, à sa tête, Mme Lucile Oba Sauthat, sur une trentaine de directeurs qui ont assumé cette charge. Mais de nos jours, il est fait un constat: les femmes aussi bien à la Télévision qu’à la radio sont plus nombreuses que les hommes. Une belle évolution quantitative qui fait dire à plus d’une personne que ‘’la Radio et la télévision congolaises se sont féminisées de façon vertigineuse’’.
A la DRTV, 16 femmes sont journalistes, dont cinq occupent des postes de direction.
A Télé Congo, on compte plus d’une centaine de femmes exerçant le métier de journalisme. Entre autres huit présentatrices pour le journal de 20H et cinq autres pour les autres éditions du journal français; cinq pour le journal en lingala, trois pour le journal en Kituba et deux femmes reporters.
Il faut tout de même reconnaître qu’avec l’avènement des organes de presse privés, les effectifs des femmes dans le journalisme ont augmenté. Elles jouissent de plus en plus d’une visibilité à la télé comme à la radio ainsi que dans la presse écrite. Une presque promotion, si l’on ose dire! Et, il n’est plus surprenant de voir des hommes préférer des femmes dans la présentation de certaines émissions. Ce qui jadis était chose difficile, voire inadmissible. De plus, on trouve la femme dans plusieurs services, même dans le service ou rubrique sportif réputé masculin. Bien qu’elles ont encore du chemin à faire compte tenu de certaines pesanteurs et contraintes, en l’occurrence de mariage, elles peuvent s’imposer en étant déterminées, perspicaces et en planifiant leurs tâches de bonne façon. De la sorte, elles parviendront à obtenir un jour ou l’autre la considération qui leur ait due et se faire accepter des hommes. Grâce à l’apport des technologies de l’information, elles pourront contourner certaines pesanteurs, pour arriver à l’égalité ou la parité qu’elles recherchent tant.
Mais paradoxe! Les filles bien plus nombreuses que les garçons dans les écoles de formation ou départements de journalisme à l’université, décrochent pour la plupart en cours de formation pour des raisons parfois injustifiées.
Reste à savoir si la Congolaise pourra un jour ou l’autre conquérir réellement la parité ou l’égalité qu’elle convoite tant. Selon certains, elle est coupable de sa propre invisibilité ou manque d’affirmation. Si c’est le cas, il ne lui reste plus qu’à prouver qu’elle peut et qu’elle veut. Aujourd’hui, à travers le monde, nombre de femmes sont courageuses et osent s’investir dans des domaines réservés hier aux hommes. C’est dire que ce n’est point chose impossible. Une fois l’objectif ‘’égalité-parité’’ atteint, la Congolaise comprendra tout le sens de la Journée du 8 mars célébrée tous les ans. Mais, il faudra au préalable l’éduquer pleinement.

Gladys ITOUA-KAYES
(Stagiaire)

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A propos de l'auteur

Editorial

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