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Au revoir Sylvie Viviane Moundza Tchignoumba, première présidente de la Cour d’appel de Pointe-Noire

Au revoir Sylvie Viviane Moundza Tchignoumba, première présidente de la Cour d’appel de Pointe-Noire

Parler d’un être cher qui nous a quittés, c’est à la fois un moment douloureux en pensant à ce qui ne sera plus, et un moment d’émotion en pensant à tout ce qui a été entre nous. Pendant près de 35 ans, Sylvie Viviane, son époux Paul, ses enfants, ses frères, ses sœurs, ses parents et ma famille, avons partagé nos joies et nos peines ; nous avons célébré ensemble des moments clés de nos vies respectives, nous avons philosophé et refait le monde ensemble, mais surtout nous avons entretenu une formidable, permanente et saine amitié.
Parler d’un être cher qui nous a quittés, c’est exprimer ce qu’il nous a inspiré.
Pour Sylvie Viviane, le premier mot qui me revient à l’esprit, est le mot Foi. Cette foi qu’elle avait en Dieu et en Jésus ; cette foi qu’elle avait dans la prière.
Le deuxième mot est l’Amour, cet amour qu’elle avait pour les gens, cet amour qu’elle savait transmettre et cultiver autour d’elle, cet amour que nous avions pour elle. Cet amour qui lui permettait de créer et d’entretenir le lien, en dépit de la distance ou des années qui passent.
Le troisième mot est la Fidélité en amitié. Pour Sylvie Viviane, nous, ses amis, étions sa famille, la famille qu’elle avait choisie. Elle était toujours à nos côtés, tant dans nos malheurs que dans nos joies. Elle ne cessait de me dire qu’elle avait peur de la haine, peur de l’homme pervers dont l’amitié était incertaine et la fidélité en travers. Pour elle, l’amitié était la plus étroite des parentés. Son amitié était une vraie fidélité et non une brume du matin, une rosée d’aurore qui s’en va. Enfin, pour elle, un ami était un cadeau dont la valeur ne pouvait pas être mesurée, sauf par le cœur.
Le quatrième mot est l’humilité, cette vertu qui, aujourd’hui, ne jouit pas d’une grande estime, mais que Sylvie Viviane possédait en elle. Cette humilité dont elle a fait montre dans ses fonctions tant de conseiller juridique que de magistrat. Elle appliquait à la règle cette pensée de Charles de Foucauld : «Que ceux qui sont les premiers se tiennent toujours par l’humilité et la disposition d’esprit à la dernière place, en sentiment de descente et de service.»
Parler d’un être cher qui nous a quittés, c’est aussi entretenir son souvenir:
-Le souvenir de son humanité et de sa bienveillance ;
-Le souvenir de son attention aux autres et de son intérêt sincère pour les autres ;
-Le souvenir de sa générosité, de son intégrité, de son intelligence et de sa capacité à se réinventer ;
-Le souvenir de son talent à créer le lien et à le maintenir ;
-Le souvenir de son rire, de ses blagues, de son sourire à la fois tendre, doux et sincère.
Parler d’un être cher qui nous a quittés, c’est surtout en dépit de notre chagrin, de notre tristesse, de notre douleur, la plus belle manière de lui exprimer notre amour et de lui dire qu’à travers nous, il continuera d’exister.
Ma très chère Sylvie Viviane, tu m’avais dit, un jour, que tu n’aimais pas les coups d’encensoir. Cela faisait mal à la tête. Mais tu ne peux m’empêcher en ces jours où Dieu t’a rappelée à Lui, que je reconnaisse et célèbre en toi, la très grande juriste, la très grande fonctionnaire et la très grande magistrate qui nous as quittés trop tôt, bien trop vite; mais ta mémoire restera dans mon cœur, dans nos cœurs et dans ceux de ton époux, de tes enfants et de tes frères et sœurs.
Au revoir, ma très chère Sylvie Viviane. Repose en paix.

Dieudonné
ANTOINE-GANGA.

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