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Hommage à Guy Noël Sam, journaliste émérite

Hommage à Guy Noël Sam, journaliste émérite

Né le 25 décembre 1943 à Embouma, dans le district de Lékana, Guy Noël Sam Ovhey Panquima s’installe très tôt à Brazzaville en compagnie de ses père et mère. Premier enfant de ses parents, le jeune Sam ira à l’école primaire, profitant ainsi de bonnes conditions d’instruction urbaine de l’époque coloniale.

Du primaire, il passe au secondaire, puis au supérieur avec aisance, après l’obtention, au Lycée Savorgnan de Brazza, du Baccalauréat Mathématiques élémentaires (actuel BAC C).
Au Lycée, il aime la langue française et s’intéresse à la radio.
Monsieur François Itoua, alors directeur adjoint et rédacteur en chef de Radio Congo, le découvre grâce à sa voix «radiophonique» et à son élocution. Il lui fait passer, en février 1963, des tests de lecture, de diction et d’improvisation au micro qui étonnent son futur mentor.
Dès cet instant, il est adopté par l’équipe dirigeante de la Radio Congo. Accepté par Jean Malonga, le Directeur de la Radio, et épaulé par les grands noms de la maison, tels André Bernard, Guy Menga, Joachim Bitouloulou, Félicité Safouesse, Marie Josée Mathey…
En mars 1964, sous le pseudonyme de Guy Ovhey, il lance l’émission «Le courrier du pèlerin». Il s’agissait, en effet, d’une satire sociale avec le célèbre personnage ‘’Mon Ami Michel’’.
Profitant de l’encadrement de ses aînés, à l’aide des circuits fermés pour être vite incorporé aux équipes de présentation du journal, il évolue également aux programmes en compagnie d’Alphonse Marie Toukas, Claude Bivoua, Jean Bruno Thiam, Joseph Gabio (lui aussi lycéen).
Alors que ‘’Le courrier du pèlerin’’ suit son chemin, Guy Noël Sam ajouta à ses productions: ‘’Plaisir de vacances’’, ‘’Le sport et ses vedettes’’ ainsi que ‘’Le tour d’horizon’’.
En 1965, Monsieur Lévy Charles Ngoma Mby, alors chef de service de la Télé, lui confie la présentation du bulletin météo, puis celle du journal.
Bardé de son baccalauréat, il est admis au Centre d’enseignement supérieur de Brazzaville (CESB), préfiguration de l’Université de Brazzaville – où il passe deux ans et obtient le diplôme universitaire d’études scientifiques.
En 1967, il poursuit ses études universitaires au Maroc, puis en France. Au Maroc, il obtient le diplôme d’ingénieur statisticien.
En France, il étudie à Strasbourg où il obtient, successivement, la licence en 1972, la maîtrise en 1973 et le DESS en 1974, à l’Ecole Supérieure des Journalistes.
En 1975, il rentre au pays et renoue avec la radio et la télé. Là, il retrouve, entre autres, Serge Michel Odzoki, Jean Pascal Mongo, Alphonse Bouya Dimi, Orphée Okabande, Miantourila Kouba, Rose Toyo, Ghislain Joseph Gabio, Fayette Mikano, Paulette Yambo, Patrick Benjamin Eboki.
A la Radio, il évolue à la rédaction. En 1976, il devient rédacteur en chef de la radio. La voix de Révolution Congolaise faisait tonner la voix de Guy Noël Sam, au point de faire des émules. Pour preuve, «ma passion pour la radio et la télévision est née au début des années 70, à l’époque où la Voix de la Révolution congolaise faisait tonner la voix de François Itoua, Joseph Gabio, Charles Orphée Okabande, Guy Noël Sam…», dixit Jean-Claude Kakou, présentateur vedette du journal de 20heures sur Télé Congo, durant la décennie 80-90.
En 1978, Guy Noël Sam est hissé en qualité de Directeur national de la Télévision.
Parallèlement, de 1979 à 1983, il est chargé de cours à l’Université, au département des Sciences et Techniques de la Communication (S.T.C), en qualité de vacataire.
En 1979, Guy Noël Sam est dépêché à Luanda pour assurer le reportage des obsèques du Président Agostinho Neto de la République Populaire d’Angola.
Lorsqu’il est mis fin à ses fonctions de Directeur général de la Radiotélévision congolaise (RTC), le professeur André Patient Bokiba, alors recteur de l’Université Marien Ngouabi, lui conseille d’aller préparer sa thèse de doctorat et venir enseigner de façon pérenne à l’Université.
Il retourne en France en 1984 préparer un doctorat avec pour titre: le régime de la Radiodiffusion congolaise de 1975-1982, à l’Institut Français de Presse (Paris Il Sorbonne), avec mention très bien.
La formation terminée, rentré au pays, Guy Noël Sam devient un manager des médias et maître assistant à l’Université Marien Ngouabi (S.T.C). Il est de nouveau nommé Directeur général de la Radiotélévision congolaise. Il réorganise la Télé et la Radio. Il est éditorialiste, présentateur de journaux et chroniqueur à la Télé.
Au début de la décennie 90, il inscrit sur la grille des programmes l’émission ‘’Carte sur table’’ où il reçoit, entre autres, l’écrivain Sony Labou Tansi.
En 1992, Guy Noël Sam prend une part active à la tenue des Etats Généraux de la presse.
Toujours en 1992, il coordonne à la télévision le temps de passage de chaque candidat à l’élection présidentielle de 1992.
Avec l’avènement de la démocratie, Guy Noël Sam organise le 24 avril 1994, une conférence sous le thème: «Presse et démocratie». Il est le principal conférencier à l’Aumônerie Universitaire.
Un an plus tard, il anime une autre conférence à la Tour Nabemba, le 1er avril 1995, sous la direction de l’association Jimmy Carter. Thème: «Le rôle de la presse en démocratie». Un accent avait été mis sur la déontologie professionnelle et la responsabilité du journaliste.
En 1996, il est nommé conseiller du ministre à l’Education, Martial De Paul Ikounga.
Dans les années 2000, Guy Noël Sam a été membre du Conseil Supérieur de la Communication (CSC) et membre du Conseil de la Liberté de la Communication (CLC).
Le 9 janvier 2009, les Oscars de la presse qu’organise Monsieur Adrien Wayi lui ont été dédiés à l’occasion de ses 45 ans de carrière au sein de la presse congolaise. A cette occasion, M. François Itoua fit un témoignage retraçant la carrière élogieuse de Guy Noël Sam. En sus, le professeur André Patient Bokiba fit un témoignage retraçant la jeunesse de Guy Noël Sam mêlée à la sienne, leur amitié, les événements heureux et malheureux vécus ensemble.
Perfectionniste, Guy Noël Sam exerçait son métier d’enseignant avec passion, exigence et rigueur.
Il a formé de nombreux étudiants, en une quarantaine d’années en sciences et techniques de la communication. Parmi lesquels, on peut citer: Albert Mianzoukouta (Directeur de la Semaine Africaine), Edmond Philippe Galli, Georges Tabas, Joachim Mbanza (Ancien Directeur de La Semaine Africaine), Patrice Bebeni (Grand Angle), Yolaine Yot (Directrice DRTV), Maixent Foukou, Véran Carrhol Yanga (Rédacteur en chef adjoint, secrétaire de rédaction de La Semaine Africaine), Barthel Ndinga, Bienvenu Bardol Kondou
En 1985, il a formé un circuit fermé avec Madame Marie Jeanne Kouloumbou à la Télévision.
Guy Noël Sam aura excellé à la Radio, à la Télé, à l’Université (Bayardelle/STC), à l’ESGAE (communication), à l’ENAM (technique de réunion) en tant qu’enseignant.
Le 28 août 2009, il me fit doublement l’honneur d’avoir été présent à ma cérémonie de prestation de serment en qualité de notaire, au Palais de justice, et d’avoir été celui qui a prononcé l’allocution à l’occasion du dîner consécutif à cette prestation de serment. Monsieur Guy Noël Sam avait émerveillé l’auditoire par son talent oratoire. C’était le Maître.
A cette occasion, il fit savoir à l’assistance qu’il avait fait la connaissance de mon illustre et disparu père au lycée Savorgnan de Brazza, dans la seconde moitié de la décennie 50. Marcel Bavoueza-Guinot le prit sous sa protection, le mettant à l’abri des duretés de la bleusaille et de la brimade, pratiques en vigueur dans les lycées à l’époque.
Au demeurant, l’année 2021 qui s’achève bientôt n’a pas été clémente pour la presse congolaise, car l’on a enregistré plusieurs décès: 14 janvier, le doyen François Itoua, puis Lévy Charles Ngoma Mby, suivi d’Emile Awé et, aujourd’hui, Guy Noël Sam.
Avec la mort de Guy Noël Sam, c’est tout à la fois une bibliothèque qui brûle et une légende qui disparait.
Dans la douleur, j’adresse mes condoléances les plus attristées à sa famille, aux professionnels de la communication ainsi qu’à toutes celles et à tous ceux qui l’ont connu et aimé.
Que son âme repose en paix !

Giscard BAVOUEZA-GUINOT.

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