Depuis plusieurs années, les régions de l’Est et du Sud-Est de la RDC sont plongées dans des conflits internes violents, alimentés par des affrontements entre différents groupes ethniques et des milices armées. Ces conflits ont des racines complexes, liées à des tensions historiques, des rivalités ethniques et des luttes de pouvoir. Il s’agit de deux conflits ethniques différents entre les communautés Téké et Nunu d’une part, et Téké et Yaka d’autre part, qui sont parmi les pires de la région depuis des années, rendant la cohabitation très précaire le long des frontières des deux pays où vivent toutes ces différentes communautés ethniques. Au cours des dix dernières années, des violences similaires ont éclaté à plusieurs reprises, entraînant des pertes en vie humaines et matérielles.
De fin janvier 2025 à ce jour, craignant une escalade de la violence dans ces zones, plusieurs familles ont quitté leurs communautés (Tshubiri, Bodjo, Mompulengue, Ntsuma, Bolobo etc.) et se sont réfugiées en République du Congo Brazzaville dans l’espoir de trouver un refuge sûr, loin des violences qui dévastent leur pays d’origine. Ainsi, depuis le début de la crise, les personnes principalement des femmes, des enfants, des personnes âgées et des groupes vulnérables, y compris des femmes enceintes et allaitantes, ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence car leur situation reste précaire.
Les responsables des affaires sociales des trois districts accueillant les personnes déplacées en République du Congo – Mpouya, Gamboma et Ngabé – ont organisé l’enregistrement. Bien que les enregistrements soient toujours en cours, avec des nouveaux arrivants, le Ministère des Affaires Sociales, de la Solidarité et de l’Action Humanitaire (MASSAH) avait annoncé lors de la réunion des acteurs humanitaires organisée le 30 janvier dernier, que le nombre de personnes déplacées dans les trois districts avait déjà atteint plus de 3 000. L’afflux de réfugiés a exacerbé les défis humanitaires, notamment en matière de santé, d’alimentation, d’abris et d’accès à l’éducation. Les réfugiés vivant dans des conditions très difficiles, avec un accès limité aux services sociaux de base, un besoin urgent d’assistance humanitaire est nécessaire. Le MASSAH travaille à mobiliser la coordination humanitaire dans le pays pour aider à répondre à l’urgence.
Ainsi, pour soutenir les efforts du Gouvernement congolais à venir en aide à ces populations, Catholic Relief Services (CRS) a lancé un programme d’aide humanitaire d’urgence de 45 jours, avec le financement de Start Fund Network. Le projet vise à assister 400 ménages vulnérables, composées de refugiés et quelques familles d’accueil. Cet appui sera concentré sur deux secteurs clés à savoir l’Eau, l’Hygiène et l’Assainissement (WASH) et la Santé (soutien psychosocial), avec la protection et la prévention des violences basées sur le genre (VBG) comme composante transversale. L’objectif est de répondre aux besoins immédiats des familles touchées.
CRS met en œuvre ce projet d’urgence en collaboration avec le MASSAH et la Croix Rouge Congolaise.
Equipe de rédaction CRS.
